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La doxycycline protège t- elle de la colite pseudo- membraneuse?

Publié le 29/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La colite pseudo membraneuse (CPM) à C difficile est devenue un problème majeur de santé publique dans les pays développés, ne serait-ce que parce que la population vieillit et que les seniors ont toujours besoin de plus de soins, de médicaments et de structures adaptées. La CPM, comme le rappellent S B Doernberg et coll.,  ce sont 6,5 à 8,5 infections/10 000 patients/jours/an, avec une mortalité estimée de 5,7 à 6 ,9 % des cas (une étude US rapportant que la mortalité de l’infection avait évolué de 5,7 à 23,7 décès/million entre 1999 et 2004). Comme on le sait, l’exposition aux antibiotiques est le facteur de risque majeur de développer une CPM : un risque à mettre en parallèle aux plus de 60 % de patients qui, hospitalisés (en Californie) reçoivent au moins 1 dose d’antibiotiques, et aux 7 % estimés de ceux qui développeront une CPM. Tout a été envisagé pour tenter de guérir l’infection (en général après échec du métronidazole et de la vancomycine), dont un remplacement complet de la flore fécale. SB Doernberg  et coll. relaient aujourd’hui une nouvelle approche, a priori assez surprenante puisque reposant sur l’adjonction complémentaire d’un antibiotique…

Etude, donc, de 2 groupes de patients : ceux qui, admis dans un hôpital californien entre juin 2005 et décembre 2010, recevaient une céphalosporine de 3ème génération et ceux qui recevaient, en plus, de la doxycycline, le rationnel de la comparaison reposant sur le fait que la cycline serait douée de peu d’effets délétères en la matière et qu’un rôle protecteur pourrait même lui être attribué. Pour ce travail, les auteurs ont suivi 2 305 patients, 43 (NDLR : seulement…) d’entre eux développant une CPM, soit une incidence de 5,60 /10 000 patient/jours ; les incidences relevées ont été respectivement de 8,11/ 10 000 patient/jours  (sans doxycycline) et 1,67/10 000 patients/jours (avec doxycycline). En analyse multivariée, ajustée à l’âge, le sexe, la race, les co morbidités, la durée d’hospitalisation, le diagnostic de pneumonie ou la durée du traitement et calculée par jour de traitement, le taux de CPM était de 27 % plus bas quand le patient recevait da la doxycycline (Hazard Ratio : 0,73, intervalle de confiance à 95 % ; 0,56-0,96).

 La doxycycline pourrait donc bien représenter un atout majeur dans la prise en charge de la CPM. Cette étude, comme le reconnaissent les auteurs, souffre de plusieurs limites qu’ils énumèrent dans leur discussion, comme par exemple une absence de suivi à long terme ou de comparaison avec un groupe de patients traités par macrolides. Reste que les résultats, pour optimistes qu’ils paraissent, correspondent globalement et s’additionnent à ceux d’autres études similaires, et qu’il existe un rationnel biologique incontestable à l’efficacité des cyclines. Pour les praticiens de l’Université de San Francisco,  les données actuelles sont suffisantes pour affirmer clairement que les algorithmes de prise en charge de la CPM devraient être « revisités », et incorporer la doxycycline.



Dr Jack Breuil


Doernberg SB et coll. : Does doxycycline protect against development of Clostridium difficile infection ? CID 2012; 55: 615- 620.



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