La marche est conseillée afin de se garder en forme et de
réduire le risque de maladie cardiovasculaire. Malheureusement, les
gonalgies du sujet âgé perturbent les possibilités de marche
quotidienne. En particulier en cas de gonarthrose, la diminution de
la fonction de marche peut favoriser la prise de poids, qui va à
son tour retentir de façon défavorable sur l’évolution de la
gonarthrose, réalisant un véritable cercle vicieux.
Il semble que, dans la gonarthrose la dépression soit un autre
facteur indépendant de diminution de la fonction de marche.
Les auteurs de cet article se sont interrogés sur le
retentissement de l’humeur, et en dehors d’une dépression bien
caractérisée, si le fait d’avoir des « idées positives »
ou « négatives » pouvait retentir sur la marche au cours
de la gonarthrose.
Il s’agit d’une étude transversale multicentrique portant sur 1
018 patients (60 % de femmes) atteints de gonarthrose, âgés de 63,1
± 7,8 ans, avec un Indice de Masse Corporelle à 31,7 ± 6,3
kg/m².
Les sujets étaient interrogés sur leurs « idées
positives » dans le cadre du CED-D (Center for
Epidemiologic Studies Depression Scale) correspondant à une
impression de bien être, une foi en l’avenir, une sensation d’avoir
une belle vie, etc…
Le nombre de pas était mesuré par un podomètre de cheville sur 3
jours, et les participants ont été classés en douloureux ou non
douloureux.
Parmi ces patients gonarthrosiques, 27 % ont des « idées
négatives », 63 % des « idées positives » sans
différence statistiquement significative quant au nombre de pas par
jour effectués (environ 8 500 pas/j). Par contre, les sujets
dépressifs marchent moins (7 350 pas/j).
De même, ceux souffrant de gonalgies (39 %) marchent
significativement moins lorsqu’ils ont des « idées
négatives » (-8,5 % de pas/j, soit environ -700 pas/j).
Au total, cette étude isole, parmi les patients atteints de
gonarthrose, un groupe de sujets souffrant de gonalgies « aux
idées négatives » sans pour autant être réellement dépressifs,
et dont la fonction de marche est diminuée par rapport à ceux qui
sont aussi victimes de gonalgies mais ont des « idées
positives ». Reste à évaluer si une intervention thérapeutique
pour « positiver » peut avoir un impact symptomatique ou
fonctionnel sur les gonarthroses.
Dr Laurent Laloux
White DK et coll. : When it hurts, a positive attitude may help : Association of positive affect with daily walking in knee osteoarthritis. Results from a multicenter longitudinal cohort study. Arthritis care & research. 2012; 64 : 1312-1319
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