Les saignements ou des douleurs en début de grossesse posent
toujours un délicat problème de diagnostic, surtout quand
l’échographie n’est pas contributive comme c’est souvent le cas à
ce stade. Dans ces situations, il peut s’agir d’une grossesse
normalement évolutive mais trop précoce pour être détectée par
échographie. Il peut s’agir aussi d’une fausse couche ou d’une
grossesse ectopique.
La plupart des algorithmes préconisent le suivi de la cinétique
de la β-HCG sur 48 heures. Mais selon certains travaux,
l’augmentation de la β-HCG serait sous-optimale (<66 %) dans 19
% des cas de grossesses évolutives. Certains ont alors proposé de
compléter l’évaluation de la β-HCG par un dosage de la
progestérone, déjà pratiqué par certaines équipes. Il reste
toutefois encore à examiner la pertinence de ce dosage et à
préciser les valeur-seuils.
Une méta-analyse de 26 études de cohorte incluant 9 436 femmes
enceintes de moins de 14 semaines apporte quelques précisions. Sept
études incluaient des patientes avec des symptômes et une
échographie non concluante, 19 études des patientes avec seulement
des symptômes.
Chez les premières, une faible concentration de progestérone
(inférieure à 3,2 à 6 ng/ml) prédit une grossesse non viable avec
une sensibilité de 74,6 % et une spécificité de 98,4 %. Dans ces
études, la prévalence moyenne de grossesses non viables est de
73,2% et la probabilité qu’une grossesse ne soit pas viable est de
99,2 % quand le taux de progestérone est bas.
Pour les patientes se présentant seulement avec des symptômes et
pas d’échographie, l’interprétation du dosage est moins performante
et sa spécificité est meilleure avec une valeur-seuil de 10 ng/ml.
Un taux inférieur prédit alors une grossesse non viable avec une
sensibilité de 66,5 % et une spécificité de 96,3 %. La probabilité
d’une grossesse non viable passe alors de 62,9 % à 96,8 %.
Précisons que cette démarche diagnostique n’est pas validée par
les protocoles actuels. Des essais randomisés comparant les
algorithmes avec et sans le dosage de la progestérone devront
encore préciser l’intérêt de cette conduite avant qu’elle puisse
être transposée à la pratique courante.
Dr Roseline Péluchon
Verhaegen J et coll. : Accuracy of single progesterone test to predict early pregnancy outcome in women with pain or bleeding: meta-analysis of cohort studies BMJ 2012;345:e6077
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