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Douleurs et saignements en début de grossesse : que vaut le dosage de la progestérone ?

Publié le 02/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les saignements ou des douleurs en début de grossesse posent toujours un délicat problème de diagnostic, surtout quand l’échographie n’est pas contributive comme c’est souvent le cas à ce stade. Dans ces situations, il peut s’agir d’une grossesse normalement évolutive mais trop précoce pour être détectée par échographie. Il peut s’agir aussi d’une fausse couche ou d’une grossesse ectopique.

La plupart des algorithmes préconisent le suivi de la cinétique de la β-HCG sur 48 heures. Mais selon certains travaux, l’augmentation de la β-HCG serait sous-optimale (<66 %) dans 19 % des cas de grossesses évolutives. Certains ont alors proposé de compléter l’évaluation de la β-HCG par un dosage de la progestérone, déjà pratiqué par certaines équipes. Il reste toutefois encore à examiner la pertinence de ce dosage et à préciser les valeur-seuils.

Une méta-analyse de 26 études de cohorte incluant 9 436 femmes enceintes de moins de 14 semaines apporte quelques précisions. Sept études incluaient des patientes avec des symptômes et une échographie non concluante, 19 études des patientes avec seulement des symptômes.

Chez les premières, une faible concentration de progestérone (inférieure à 3,2 à 6 ng/ml) prédit une grossesse non viable avec une sensibilité de 74,6 % et une spécificité de 98,4 %. Dans ces études, la prévalence moyenne de grossesses non viables est de 73,2% et la probabilité qu’une grossesse ne soit pas viable est de 99,2 % quand le taux de progestérone est bas.

Pour les patientes se présentant seulement avec des symptômes et pas d’échographie, l’interprétation du dosage est moins performante et sa spécificité est meilleure avec une valeur-seuil de 10 ng/ml. Un taux inférieur prédit alors une grossesse non viable avec une sensibilité de 66,5 % et une spécificité de 96,3 %. La probabilité d’une grossesse non viable passe alors de 62,9 % à 96,8 %.

Précisons que cette démarche diagnostique n’est pas validée par les protocoles actuels. Des essais randomisés comparant les algorithmes avec et sans le dosage de la progestérone devront encore préciser l’intérêt de cette conduite avant qu’elle puisse être transposée à la pratique courante.



Dr Roseline Péluchon


Verhaegen J et coll. : Accuracy of single progesterone test to predict early pregnancy outcome in women with pain or bleeding: meta-analysis of cohort studies BMJ 2012;345:e6077




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