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Trop d’hyperactifs ?

Publié le 02/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Diagnostic actuellement à la « mode » partout dans le monde (alors qu’il n’existait quasiment pas avant la fin du XXème siècle (où l’on parlait plutôt d’enfants « agités », « distraits », « impulsifs », « hyperkinétiques », etc.), le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) suscite cette interrogation chez l’éditorialiste d’Acta Psychiatrica Scandinavica : « Le TDAH est-il sur-diagnostiqué en Scandinavie ? » Région du monde où environ « 10 % des enfants et au moins 5 % des adultes » seraient concernés par le TDAH, selon les données des CDC [1]. Il manque de toute évidence (non seulement pour cette affection, mais pour pratiquement l’ensemble des pathologies psychiatriques), des « biomarqueurs fiables » qui permettraient d’apporter à ce sujet la caution d’objectivité appréciable d’un examen complémentaire, et de prévenir à la fois les cas de faux-positifs (surestimation des diagnostics) et de faux-négatifs (sous-estimation).

Mais même dans l’hypothèse où l’on en « ferait trop » pour diagnostiquer l’hyperactivité, il existe cependant, estime l’auteur, des « preuves irrésistibles » indiquant que les critères actuellement disponibles pour définir le TDAH permettent de repérer un « vaste groupe » d’enfants et d’adultes à « niveau élevé » de morbidité et d’invalidité, mais pour lesquels nous disposons d’un traitement. Aussi conviendrait-il d’« augmenter les efforts » pour permettre aux « hyperactifs de tout âge » (car cette problématique ne se résume plus à l’enfance) d’avoir accès à des « cliniciens compétents » pouvant assurer le diagnostic de TDAH. Cette démarche constitue une « étape cruciale » pour proposer aux personnes concernées et à leurs familles un traitement « sûr et efficace », pouvant « améliorer grandement » la qualité de leur existence. En donnant ainsi le premier rôle à la réponse pharmacologique, au détriment d’une approche psycho-éducative et sociologique (quid de l’aspect « disease mongering»[2] de ce diagnostic ?), l’auteur n’aura bien sûr convaincu que des lecteurs déjà préalablement persuadés de la réalité nosographique du TDAH…

 

[1] Centers for Disease Control (Centres pour le contrôle des maladies). Cf. checklist: http://www.cdc.gov/NCBDDD/adhd/widget/checklist/index.html
[2
] http://fr.wikipedia.org/wiki/Disease_mongering



Dr Alain Cohen


Biederman J : Is ADHD overdiagnosed in Scandinavia? Acta Psychiatrica Scandinavica 2012; 126: 85–86.




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