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Thromboses veineuses profondes aiguës des extrémités supérieures : le risque d’embolie pulmonaire est faible

Publié le 02/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Après une thrombose veineuse profonde (TVP) aiguë des extrémités supérieures (ES), les recommandations américaines (Chest, 2008) conseillent de poursuivre le traitement anticoagulant pendant au moins 3 mois En pratique, cette recommandation est loin d’être toujours suivie  notamment parce que les données concernant le pronostic de cette localisation particulière de TVP sont relativement limitées.

Aussi, a-t-il paru intéressant à  Levy et coll. de revoir le registre du Service de Pathologie vasculaire de l’Université de Virginie (Richmond, Etats-Unis)  et d’en extraire les données concernant 300 patients consécutifs qui avaient présenté, entre  avril 2005  et novembre 2008, une TVP des ES documentée par ultrasonographie.

Dans ces 300 cas, la TVP intéressait : la partie distale  de la veine innominée (n=69), la veine jugulaire interne (n=146), les veines sous-clavière (n=161), axillaire (n=107), brachiale (n=91).La plupart de ces 300 patients (n=265 ; 88 %) étaient symptomatiques.

Dans 246 cas (82 %), la TVP a été clairement identifiée comme étant  aiguë  par les données  échographiques. 

Dans 106 cas (35 %) la TVP était associée à une affection maligne documentée.  Dans 92 cas (31 %), elle était postopératoire ou faisait suite à un traumatisme. Soixante-seize patients (25 %) souffraient d’obésité (Indice de Masse Corporelle : >30).

De plus, dans 240 cas  (80 %) les patients avaient ou avaient eu un cathéter veineux  (n=221) ou étaient porteurs (n=19) de lignes veineuses reliées à un pacemaker ou à un défibrillateur.

Un traitement héparinique a été initié chez 128/300 patients (43 %) puis relayé chez  121 d’entre eux (40 %) par la  warfarine pendant une durée variable. En revanche, malgré les recommandations américaines, une forte proportion de malades, à savoir 167/300 (56 %), n’a pas été traitée par les anticoagulants (dans 16 cas en raison d’une contre-indication documentée). Dans 6/300 cas (2 %) la TVP ES s’est compliquée d’une embolie pulmonaire non mortelle qui, pour 4 d’entre eux, est survenue malgré la prise d’anticoagulants.

Sous traitement anticoagulant,  les complications hémorragiques ont été rares mais graves : 4 patients ont présenté une hémorragie intracrânienne (mortelle dans 3 de ces 4 cas) et 3 autres ont dû être hospitalisés en raison d’une hémorragie au niveau des voies digestives supérieures (n=2) ou de l’abouchement d’une trachéostomie   (n=1).

En conclusion, dans la vie réelle, les TVP ES sont loin d’être toujours traitées par les anticoagulants. D’ailleurs, qu’elles aient été mises ou non sous anticoagulants, les  TVP ES se compliquent rarement d’embolie pulmonaire. Si on rapproche de cette constatation le fait que la morbi-mortalité observée sous anticoagulants est loin d’être négligeable, le rapport bénéfice risque ne plaide pas en faveur de l’anticoagulation systématique de ces patients.



Dr Robert Haïat


Levy MM et coll.: Low Incidence of Pulmonary Embolism Associated With Upper-Extremity Deep Venous Thrombosis. Ann Vasc Surg., 2012; 26: 964–972




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