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Traitement médical des lésions de haut grade du col utérin : c’est possible….

Publié le 03/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Il est démontré que le traitement des lésions pré-néoplasiques du col utérin (Cervical Intraépithélial Neoplasia ; CIN) évite efficacement le développement d’un cancer dans cette localisation.

Les lésions de haut grade du col utérin (CIN2-3) sont habituellement traitées par des procédures d’exérèse, et dans certaines situations particulières, par des techniques de destruction. La majorité des femmes concernées par la prise en charge des CIN sont en âge de procréer et si ces interventions sont hautement efficaces pour l’élimination des CIN2-3, elles exposent à des complications obstétricales telles que l’accouchement prématuré, le faible poids à la naissance et la mortalité/morbidité infantile. Aussi, le développement de traitements conservateurs des CIN2-3 est-il souhaitable. Actuellement aucune approche médicale ne s’est imposée dans la pratique clinique à cet égard.

L’imiquimod est un modulateur topique de la réponse immunitaire et il représente l’un des agents les plus prometteurs pour le traitement conservateur des lésions HPV dépendantes.

Un traitement de 16 semaines par suppositoires vaginaux

Dans ce contexte, une étude randomisée de phase II et en double aveugle a été effectuée à Vienne afin d’évaluer l’efficacité d’un traitement par imiquimod vaginal auto-appliqué chez des patientes HPV positives présentant des CIN2-3.

Au total, 59 femmes HPV positives avec des CIN2-3 diagnostiquées entre 2009 et 2010 et des images colposcopiques satisfaisantes ont été incluses dans cette étude. Elles ont été assignées pour un traitement par des suppositoires vaginaux d’une durée de 16 semaines dans deux groupes parallèles : soit au groupe imiquimod, soit au groupe placebo.

Le critère de jugement principal était l’efficacité définie comme une régression histologique (CIN1 ou moins) quatre semaines après la fin du traitement (20ème semaine). Les critères de jugement secondaires étaient la rémission histologique complète, la clairance de papillomavirus (HPV) et la tolérance.

Deux patientes ont été exclues de l’étude (une dans chaque groupe) à cause de la survenue de grossesses intra-utérines. Les autres ont été suivies toutes les deux semaines pendant le premier mois et ensuite toutes les quatre semaines jusqu’à la 20ème semaine. Une colposcopie avec des biopsies guidées a été effectuée à la huitième semaine de traitement afin d’exclure la présence des lésions invasives.

A la fin de l’étude, lors de la 20ème semaine de suivi, toutes les patientes ont eu deux tests HPV, une colposcopie avec des biopsies dirigées vers les lésions les plus suspectes et des biopsies aux quatre quadrants du col.

Régression histologique dans 73 % des cas sous imiquimod

Après 16 semaines de traitement, une régression histologique des CIN2-3 a été observée chez 73 % des patientes traitées par imiquimod, par rapport à 39 % dans le groupe placebo (p<0,009). Les taux de rémission histologique complète et les taux de clairance d’HPV étaient plus élevés dans le groupe imiquimod (47 % vs. 14 % dans le groupe placebo ; p<0,008 et 60 % vs 14 % ; p<0,01 respectivement).

Chez les patientes présentant une infection par l’HPV16, les taux de rémission complète étaient de 47 % dans le groupe imiquimod et de 0 % dans le groupe placebo (p<0,003). Parmi les 59 participantes, un cancer microinvasif a été observé chez trois patientes (5 % ; 1-14 %), toutes du groupe placebo. Ces trois cancers n’ont été identifiés que par l’analyse histologique des pièces de conisation.

Le traitement par imiquimod a été bien toléré et aucun effet secondaire important n’a été observé. Cependant, il faut souligner que les taux de rémissions et de régressions des CIN2-3 étaient non-négligeables dans le groupe placebo.

En conclusion, les résultats de cette étude randomisée montrent que l’imiquimod topique est un traitement faisable, bien toléré et efficace pour le traitement des patientes présentant des CIN2-3. A la suite de ces résultats encourageants, une large étude randomisée de non-infériorité de phase III est planifiée afin de mieux déterminer la place de l’imiquimod dans le traitement des lésions de haut grade du col utérin.



Dr Viola Polena


Grimm C et coll. Treatment of cervical intraepithelial neoplasia with topical imiquimod: a randomized controlled trial. Obstet Gynecol., 2012; 120: 152-9.


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