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Vers un suivi non invasif de la progression de la maladie de Huntington ?

Publié le 03/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La maladie de Huntington (MH) est une affection neurodégénérative du système nerveux central (SNC) d’hérédité autosomique dominante où la mutation du gène de la protéine huntingtine (HTT), qui entraîne une expansion répétée de la séquence CAG, est le principal mécanisme responsable. Plusieurs approches thérapeutiques ciblent une diminution de la protéine mutée (mHTT), systémique ou dans le SNC, qui devrait contribuer à une moindre progression de la maladie. Cette stratégie se heurte à l’absence de marqueur capable de quantifier de façon non invasive la protéine mHTT chez les patients.

Des données récentes soulignant l’importance d’une dysfonction du système immunitaire dans la MH, une équipe internationale a déterminé la concentration en HTT totale et en mHTT dans les cellules immunitaires périphériques par une technique immunologique très sensible, basée sur une détection de la fluorescence par mesure du transfert d'énergie par résonance de type Förster.

Les monocytes, les lymphocytes B et les lymphocytes C sont isolés à partir du sang de 8 porteurs du gène mHTT ne manifestant pas encore la maladie (pré-MH), 10 à un stade précoce, 8 à un stade modéré et 6 contrôles. Des cellules épithéliales buccales sont collectées à partir de sujets des mêmes groupes.

Aucune différence significative n’est observée entre les patients porteurs du gène muté et les contrôles concernant la concentration en HTT totale. Par contre les différences entre les 2 groupes sont significatives (p<0,001) pour ce qui est des teneurs en mHTT de chaque type cellulaire. De façon intéressante, les taux moyens de mHTT augmentent selon le stade de la maladie dans chaque type de leucocyte, et pas dans les cellules buccales, avec des différences entre les patients pré-MH et les patients manifestant la maladie (p de <0,001 à 0,007 selon le type leucocytaire), ainsi qu’entre le groupe pré-MH et les malades à un stade précoce (p de <0,021 à <0,051). Des associations positives sont constatées entre scores de gravité de la maladie et mHTT dans les monocytes (p<0,001), les cellules T (p<0,001) et les cellules B (p = 0,036) mais pas dans les cellules buccales, et des corrélations significatives sont également notées entre la longueur des répétitions de la séquence CAG et la mHTT.

Les concentrations en mHTT des monocytes sont de plus associées (p<0,05) aux taux d’atrophie cérébrale totale et caudée et à l’expansion ventriculaire dans un sous groupe de patients examinés en IRM 3 Tesla. Ce serait le premier exemple d'une association entre mesure biochimique d’une entité pathogène connue dans les cellules périphériques et modifications cérébrales structurelles dans une pathologie neurodégénérative, un résultat que les auteurs prennent avec prudence, en raison de la petite taille de l’échantillon.

Pour les chercheurs, l'explication la plus probable de l’augmentation progressive et sélective de mHTT  serait une accumulation continue de fragments N-terminaux de mHTT dans les mononucléaires du sang périphérique.

Au final, des recherches ultérieures permettront de déterminer si les techniques décrites peuvent permettre de surveiller l’effet de traitements dont on attend une diminution systémique de la mHTT. La quantification de l’augmentation sélective progressive de mHTT dans les cellules immunitaires périphériques pourrait fournir un moyen précieux, à côté d’autres mesures, pour suivre la progression de la maladie de Huntington.



Dominique Monnier


Weiss A et coll. : Mutant huntingtin fragmentation in immune cells tracks Huntington’s disease progression. J Clin Invest. 2012. Publication avancée en ligne le 17 septembre. doi:10.1172/JCI64565




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