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Stents œsophagiens après fistules, perforations et fuites anastomotiques : analyse des échecs

Publié le 03/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les stents œsophagiens ont révolutionné les traitements des fuites après anastomose œsogastrique, des perforations ou des fistules œsophagiennes. Si souvent la mise en place est facile et le résultat satisfaisant, il est des cas ou cela ne se passe pas sans écueils.

C’est ce qu’étudie une publication récente rétrospective dont sont exclues les sténoses récalcitrantes ou les obstructions bénignes/malignes sans fuite.

Un échec est défini comme un placement de prothèse nécessitant une reprise chirurgicale dans les 3 jours (une migration ou un changement/repositionnement sans fuite persistante ne sont pas des échecs).

Trois localisations (cervicale, thoracique jonction oesogastrique) ainsi que 4 mécanismes (perforation iatrogène, perforation spontanée, fuite anastomotique et fistule avec lésion de ± 6cms de long) sont examinés.

Les lésions sont identifiées par ingestion de produit de contraste et recherche de fuite dans le médiastin ou l’espace pleural.

La mise en place du stent et les gestes de drainage éventuellement associés (réalisés en vidéo ou en percutané) sont faits dans le même temps opératoire.

La fuite est contrôlée dans les 24 h et l’ablation du stent à distance tentée systématiquement.

Entre 2003 et 2012, 187 patients ont reçu un stent.

• Il y a eu 172 stents placés avec succès pour 31 fuites après chirurgie, 38 fistules chroniques, 103 perforations (42 spontanées et 61 iatrogènes dont 14 pour cancer).
• Quinze patients (8 %) ont dû être réopérés pour une fuite persistant en moyenne 3 jours après la mise en place du stent. Les échecs étaient dus à une fuite cervicale trop proximale (4), une fuite trop distale sur le bas œsophage ou la jonction œsogastrique (5), une plaie œsophagienne > 6 cm (3), une fistule anastomotique associée à une autre fuite plus distale sur la plastie gastrique (3).
• Il n’y a pas de différence de mortalité entre les 2 groupes (échec/succés).
• Les séjours hospitaliers et la morbidité sont plus grands pour les patients repris chirurgicalement, quand ils ont des problèmes respiratoires, un infarctus du myocarde ou une défaillance rénale.
• Une néoplasie à l’origine de la pathologie  ou une radiothérapie adjuvante n’ont pas d’influence sur la survie.

Les fuites œsophagiennes sont préoccupantes pour le chirurgien surtout après une chirurgie.

C’est une pathologie qui nécessite une approche multidisciplinaire dans laquelle il doit avoir une place essentielle pour décider du choix thérapeutique le plus adapté.



Dr Roland Charpentier


Freeman R K et coll. : Analysis of Unsuccessful Esophageal Stent Placement for Esophageal Perforation, Fistula, or Anastomotic leak.
Ann Thorac Surg 2012; 94: 959-65




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