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Quelle dose d’aspirine après un syndrome coronaire aigu ?

Publié le 03/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’aspirine (ASA) reste aujourd’hui l’une des clés de voûte de la prévention secondaire après un syndrome coronaire aigu (SCA).

Sans rationnel solide, les patients jugés à très haut risque reçoivent souvent de plus fortes doses que les patients jugés à moindre risque de récidive.

En fait, la question reste aujourd’hui encore largement ouverte : quelle est la meilleure dose d’aspirine chez les patients ayant fait un SCA?

Une équipe américaine a souhaité réexaminer ce thème et pour ce faire, a réalisé une revue systématique de la littérature. Ils ont retenu 136 études publiées rassemblant quelque 300 000 patients (n : 289 330).

Parmi les patients ayant bénéficié de la pose de stent(s), il n’a pas été observé davantage d’accidents hémorragiques majeurs à 1 mois avec les fortes posologies d’ASA (2,1 % [1,5-2,6] pour une posologie d’ASA < 160 mg versus 1,9 % [0,0-3,8] pour une posologie d’ASA ≥ 160 mg).

Il n’a pas non plus été observé de différence entre les groupes quant au risque d’infarctus du myocarde (2,1 % [1,3-2,8] pour une posologie d’ASA < 160 mg versus 1,8 % [0,9-2,6] pour une posologie d’ASA ≥ 160 mg), ni pour la mortalité toutes causes confondues (2,8 % [2,2-3,4] pour une posologie d’ASA < 160 mg versus 2,4 % [1,3-3,5] pour une posologie d’ASA ≥ 160 mg).

Les résultats sont du même type chez les patients ayant bénéficié uniquement d’un traitement médical, hormis les accidents hémorragiques majeurs qui ont été plus fréquents avec les fortes doses d’ASA (1,7 % [1,3-2,2] versus 4,0 % [2,2-5,8]).

Les analyses de régression avec ajustements n’ont retrouvé aucune différence significative entre les groupes de doses, à 1 mois et à 6 mois, sur les différents critères de jugement, excepté sur les hémorragies à 1 mois en cas de prise en charge purement médicale.

Ces résultats suggèrent donc que, par rapport aux « faibles » doses d’ASA,  les plus fortes doses ne procurent pas de bénéfices dans les suites d’un SCA.

Relevons cependant que ces résultats sont issus essentiellement d’études observationnelles et non d’études prospectives randomisées.



Dr Olivier Meillard


Berger JS et coll. : Is there an association between aspirin dosing and cardiac and bleeding events after treatment of acute coronary syndrome? A systematic review of the literature
Am Heart J 2012; 164:153-62




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