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Le rendement de la cytoponction ganglionnaire est meilleur quand l’anatomopathologiste examine le prélèvement aussitôt !

Publié le 04/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Depuis quelques années, l’exploration axillaire dans les cancers du sein (KS) est de moins en moins invasive avec en particulier le recours à la cytoponction (CP) à l’aiguille fine sur les ganglions repérés en échographie axillaire (EA). En cas de positivité du ganglion ponctionné, la malade peut ainsi être traitée en un seul temps. Jusqu’ici, la biopsie du ganglion sentinelle (GS) restait l’étalon-or de la prise en charge des cancers sans envahissement ganglionnaire clinique (N-) et le curage axillaire (CA) celui des N+. La recherche du GS peut éviter un CA inutile, mais cette procédure n’en est pas moins un geste chirurgical qui accroît le temps opératoire et la morbidité. La CP permet en théorie de « se passer » de la technique du GS mais des difficultés de prélèvement et/ou de transport la rendent insuffisamment fiable. L’examen rapide sur place des prélèvements cytologiques (ROSE pour rapid on-site evaluation) par un pathologiste présent en salle d’échographie semble améliorer les performances de la CP. C’est ce qu’ont voulu vérifier DP O’Leary et coll.

Pour ce faire ils ont repris tous les KS symptomatiques (à l’exclusion de ceux trouvés lors de campagnes de dépistage) pris en charge entre 2008 et 2010 et ayant bénéficié d’une EA, la démarche ROSE ayant été introduite en septembre 2009. Les ganglions au hile hypoéchogène et non graisseux, ou à la corticale épaissie étaient considérés comme suspects  et faisaient alors l’objet d’une CP ; en cas d’absence de ganglions suspects une recherche de GS était proposée.

Les lames de CP séchées à l’air étaient colorées puis fixées et trempées successivement dans un milieu acide puis basique, rincées, séchées et lues éventuellement de manière extemporanée (ROSE). En cas de frottis illisible, les manœuvres étaient répétées aussitôt. La rinçure d’aiguille était utilisée, soit pour procéder à l’immunohistochimie, soit pour réaliser un Papanicolaou permettant de classer l’étalement de C1 (prélèvement incorrect), à C5 (cancer) en passant par C2 (bénignité), C3 (atypie) et C4 (suspect de cancer). De même, les GS, après section et coloration, étaient classés en 5 stades, de B1 (normal) à B5 (KS) en passant par B2 (bénin), B3 (atypie), B4 (suspicion de KS).

L’étude a concerné 381 femmes dont 152 avaient des EA suspectes justifiant une CP. Sur 152 CP, 83 ont été faites dans le cadre de ROSE. Depuis l’introduction de ce mode d’évaluation, la proportion des réponses exactes, confirmées par l’histologie, est passée de 78 à 96 % ; il y a eu 75 C5  (suivis de CA) et 55 C2 (suivis de GS), et, ici aussi, ROSE a permis plus de précision.

Reste qu’il y a eu 20 faux négatifs (dont 19 C2 B5) et un atypique (C3 B5), dus à un prélèvement au mauvais endroit. Il y a aussi eu 2 faux positifs (C5 B2), chez des femmes qui avaient reçu une chimiothérapie entre la CP et le CA. La sensibilité et la spécificité avec ROSE ont  été de 80 et 100 %. Un ganglion ≥ 1 cm de diamètre était associé dans 88 % des cas à une CP C5.

Cette technique ROSE permet dans un tiers des cas d’éviter une recherche inutile de ganglions sentinelles.



Dr Jean-Fred Warlin


O’Leary DP et coll. : Rapid on-site evaluation of axillary fine-needle aspiration cytology in breast cancer. Brit J Surg., 2012; 99: 807-812.



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