> Accueil JIM > Etude sur la tuberculose de l’enfant, un travail de romains…

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Etude sur la tuberculose de l’enfant, un travail de romains…

Publié le 04/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’OMS a rapporté une incidence mondiale de tuberculose (TB) de 8,8 millions en 2010 -dont 1 million chez l’enfant- 75 % de ces cas étant observés dans 22 pays et étant responsables de 130 000 décès. Les cas rapportés sont basés sur les frottis mais la majorité des TB de l’enfant a des frottis négatifs ou les frottis ne sont pas pratiqués ; l’incidence est donc très sous-estimée. Le diagnostic de TB de l’enfant pose des problèmes car la majorité des cas est pauci ou asymptomatique et les tests diagnostiques ont une sensibilité imparfaite. La distinction entre TB certaine et probable est donc justifiée.

Des pédiatres de Rome ont étudié les cas de TB observés dans deux centres universitaires de 1990 à 2009. La TB était jugée certaine en cas de culture positive ou de BK sur un frottis, d’un granulome caséeux sur un prélèvement histologique ou de PCR positive. La TB était qualifiée de probable en présence d’au moins 3 critères :

1) images radiologiques compatibles avec une TB active ;
2) symptômes comme fièvre, toux, perte de poids ;
3) autres signes radiologiques de TB extra-pulmonaire ;
4) contage avec un malade en phase active :
5) réponse au traitement.

Au total, sur 214 enfants identifiés, 132 avaient une TB certaine, 82 une TB probable, la maladie étant survenue pour 148 (69, 1%) avant 5 ans, 22 (10,3 %) entre 6 et 10 ans, 23 (10,8 %) entre 11-13 ans et 15 (7 %) entre 14 et 16 ans. Il y avait 120 (56 %) enfants immigrants et 17 sans domicile. Il n’existait pas de prédominance de sexe. La localisation de la TB n’était pas influencée par l’âge, le sexe ou la résidence.

Les formes pulmonaires étaient les plus fréquentes : 160 enfants (75,5 %) dont 5 avaient aussi une localisation extra-pulmonaire. Les formes extra-pulmonaires étaient des adénopathies (33 cas 15,4 %), des localisations neurologiques (24 cas 11 %), squelettiques (10, 4,7 %), péritonéale (1 cas), péricardique (1 cas) et 2 fois, la TB était congénitale. Les signes les plus fréquents à l’admission étaient la fièvre (111 fois, 51,9 %), la toux (77 fois, 40 %) mais 50 enfants n’avaient aucun symptôme et la TB découverte à l’occasion d’une enquête d’entourage ou de réactions tuberculiniques positives chez des migrants.

La leucocytose était absente chez 76 % des patients, la CRP élevée dans 120 cas (56 %) et la VS dans 101 cas (47 %). L’intradermoréaction a été négative 12 fois (6,5 %) sur 184 examens et l’interféron γ positif 64 fois sur 66 (sensibilité 97 %).

La TB a été confirmée 132 fois (61,7 %) par culture (124/214 ; sensibilité 58 %), frottis (54 ; sensibilité 25 %), PCR (59 fois sur 116). La source de contamination a été identifiée pour 60 enfants (28 %), le risque de localisation pulmonaire étant alors augmenté (Odds ratio : 3,36).

Le traitement a conduit à la guérison de 198 enfants (92,5 %), 3 sont décédés de méningite. Dans 15 cas, une intervention a été nécessaire : dérivation ventriculo-péritonéale 12 fois, chirurgie orthopédique 3 fois ; 13 enfants (6,1 %) sont sortis de l’hôpital contre avis médical.

En conclusion, les difficultés du diagnostic et de la prise en charge doivent être soulignées.



Pr Jean-Jacques Baudon


Buensenso D et coll. : A twenty-year retrospective study of pediatric tuberculosis in two tertiary hospitals in Rome. Pediatr Infect Dis J., 2012; 31: 1022-26




IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions