Les troubles respiratoires du sommeil (TRS), dont le syndrome
d’apnées obstructives du sommeil (SAOS), n’épargnent pas les
enfants, la prévalence des symptômes de TRS rapportés par les
parents allant de 4 à 11 %, et l’incidence du SAOS en population
pédiatrique de 1 à 4 %. En Suède, où l’analyse des données de
registres a récemment suggéré, au sein des fratries, un
accroissement du risque de SAOS et de TRS liés à l’hypertrophie
amygdalienne ou des végétations adénoïdes, des auteurs du
Karolinska Institutet ont exploré plus avant l’hypothèse d’un
risque familial de SAOS et de TRS.
K Lindkvist et coll. ont estimé l’incidence d’une première
hospitalisation pour SAOS et TRS liée à l’hypertrophie amygdalienne
ou des végétations adénoïdes, hors infection, chez les enfants
ayant un parent atteint de SAOS en comparaison de ceux, atteints de
SAOS ou de TRS, dont aucun des parents n’avait de SAOS.
L’identification des enfants s’est appuyée sur les informations
d’une vaste base de données du Center for Primary Health Care
Research de l’université de Lund, incluant notamment les
informations du Multigeneration Register, ainsi que sur les
données d’hospitalisation, qui ont été examinées sur une période de
11 ans, de 1997 à 2007.
Au total, 34 933 enfants ayant une hypertrophie amygdalienne ou
des végétations adénoïdes, et 23 413 parents atteints de SAOS ont
été identifiés au cours de la période d’étude. Parmi ces enfants,
5,7 % avaient eu pour la première fois, en hospitalisation, un
diagnostic de SAOS ; ils étaient pour la plupart âgés de 4 à 7 ans,
54,1 % d’entre eux étaient des garçons, et vivaient pour 42,5 %
d’entre eux dans des familles à faibles revenus et pour 34,9
% dans des familles à revenus à revenus faibles à moyens.
Chez les parents, c’est entre 50 et 59 ans que le diagnostic de
SAOS avait été le plus souvent diagnostiqué. Aucun des enfants
inclus n’avait ses deux parents atteints de SAOS.
Après ajustements sur le statut socio-économique, l’âge, le
sexe, la région géographique, les ratios standardisés d’incidence
(SIR) de SAOS chez les garçons et chez les filles, ayant un parent
atteint de SAOS étaient respectivement de 3,09 (Intervalle de
confiance à 95 % 1,83-4,90) et de 4,46 (2,68-6,98). Les SIR
d’hypertrophie amygdalienne ou de végétations adénoïdes étaient,
chez les garçons et les filles ayant un parent atteint de
SAOS, respectivement de 1,82 (1,54-2, et 1,56 (1,30-1,87).
Chez les garçons, le ratio standardisé d’incidence de SAOS ou
d’hypertrophie des végétations adénoïdes était de 1,94 (1,64-2,27)
lorsque le père avait un SAOS ; il était de 1,67 (0,99-2,65)
lorsque c’est la mère qui était atteinte. Les SIR correspondants
chez les filles, était de 1,68 (1,39-2,00) et 2,01 (1,21-3,15).
Ainsi, avoir un parent atteint de SAOS augmenterait
substantiellement le risque d’hospitalisation dans l’enfance pour
SAOS ou pour hypertrophie des amydales ou des végétations
adénoïdes, le risque de SAOS étant plus que triplé chez les
garçons, plus que quadruplé chez les filles. La possibilité,
suggérée par cette étude, d’un agrégat familial de troubles
respiratoires du sommeil appelle des études complémentaires, afin
d’explorer notamment les interactions possibles entre hérédité et
environnement.
Dr Julie Perrot
Lundkvist K et coll. : Familial risk of sleep disordered breathing. Sleep Med 2012 ; 13 : 668-73.
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