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Tiotropium dans l’asthme mal contrôlé : un recours ?

Publié le 06/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Certains patients asthmatiques souffrent d’exacerbations fréquentes malgré un traitement à base de corticoïdes inhalés et de béta 2 mimétiques de longue durée d'action.

Deux essais contrôlés et  randomisés (1) ont comparé dans ces cas, l'effet sur la fonction pulmonaire et la fréquence des exacerbations de l'ajout de tiotropium  (dose totale de 5 mg délivrée par un dispositif d’inhalation du type Respimat) par rapport à un placebo, une fois par jour pendant 48 semaines.

Tous les patients étudiés ont un asthme diagnostiqué avant l’âge de 40 ans et un passé tabagique nul ou inférieur à 10 paquets années. De plus, les critères d’inclusion exigeaient une altération de la spirométrie malgré le traitement quotidien (corticoïdes inhalés > 800 microg/j  de budésonide ou équivalent et béta2+ longue durée d’action) et au moins une exacerbation sévère de l’asthme (obligation de recours à des corticoïdes oraux) au cours de l’année précédente.

Les 912 patients avaient un VEMS initial moyen à 62 % de la valeur prédite et l'âge moyen était de 53 ans. A 24 semaines, la moyenne (± SE) de changement du VEMS après bronchodilatateur est plus importante dans le groupe tiotropium  de + 86 (±  34 ml) dans l'essai 1 (p = 0,01) et de + 154 (±  32 ml) dans l'essai 2 (p <0,001) par rapport au groupe placebo. Le VEMS pré-bronchodilatateur est également significativement amélioré dans les essais 1 et 2 avec le tiotropium.

L'adjonction de tiotropium a permis d’augmenter le délai avant la première exacerbation sévère (282 jours contre 226 jours), avec une réduction globale de 21 % du risque d'une exacerbation sévère (risque relatif de 0,79; p = 0,03).

Ces résultats suggèrent donc qu’une amélioration du contrôle de l’asthme peut être obtenue grâce à l’adjonction d’un anticholinergique inhalé.

Ne pas confondre avec la BPCO

Dans l’éditorial accompagnant cette publication (2), l’auteur rappelle que la principale cause d’asthme mal contrôlé est une mauvaise observance (80 % des cas). Or, dans ces essais, la prise des traitements préexistants (corticoïdes inhalés et béta 2 longue durée) n’a pas été rigoureusement vérifiée avant l’inclusion. D’autre part, un des effets positifs additionnels du tiotropium peut résider dans son mode de délivrance. Les particules très fines produites par le dispositif Respimat, pénétrant au niveau des très petites voies aériennes permettent le recrutement de zones pulmonaires hors de portée des dispositifs à base de poudre et la diminution de l’air trappé. Mais cette pénétration profonde a une contrepartie : l’élévation de la concentration plasmatique de la molécule avec un risque d’effet secondaire notamment cardiovasculaire. Aucun effet adverse grave n’a été observé au cours de ces essais mais les malades avec antécédents cardiovasculaires ont été exclus. Ainsi, comme le suggère le titre de l’éditorial, il convient donc de rester prudent dans l’espoir suscité par ces résultats. La mise en commun, pour ne pas dire la confusion, des thérapeutiques inhalées de l’asthme et de la bronchite chronique obstructive, maladies avec des points communs mais aussi des différences, doit se limiter à certains cas particuliers.



Dr Béatrice Jourdain


1) Kerstjens H. et coll. : Tiotropium in Asthma Poorly Controlled
with Standard Combination Therapy N Engl J Med 2012; 367: 1198-207.
2) Bel E. Tiotropium for Asthma — Promise and Caution. N Engl J Med., 2012 ; 367: 1257-1258




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