Les interventions destinées à inciter les enfants à pratiquer
une activité physique ont des résultats très décevants en termes de
modification de l’indice de masse corporelle (IMC). De nombreux
travaux l’ont démontré et ont conduit à formuler deux hypothèses
pour expliquer ces échecs. La première est qu’en même temps que
l’activité physique s’intensifie, la consommation de calories
augmente aussi, annulant les bénéfices de la dépense énergétique
supplémentaire.
Une deuxième hypothèse est que les interventions réalisées ne
mènent pas réellement à davantage d’activités physiques chez les
enfants, en tous cas pas suffisamment pour leur faire perdre du
poids. C’est la version choisie par une équipe du Royaume-Uni, qui
a réalisé une méta-analyse pour évaluer dans quelle mesure
les enfants augmentent leur activité physique après qu’ils y aient
été incités par un programme adapté.
Trente études ont été retenues, incluant 14 326 participants au
total. L’activité physique était évaluée par des questionnaires
pour certains, mais pas seulement, puisque, pour plus de 6 000
participants, elle l’était par l’intermédiaire d’accéléromètres.
Les enfants étaient incités à pratiquer une activité physique
régulière, formalisée, dans un club, à l’école ou en famille.
L’intervention devait durer au moins 4 semaines (jusqu’à 140
semaines) et l’activité physique était évaluée à la fin de
celle-ci.
L’hypothèse émise se confirme. L’effet total de toutes les
interventions est minime, voire négligeable sur le temps passé pour
toutes les activités physiques (différence moyenne de 0,12 ;
intervalle de confiance à 95% : 0,04 à 0,20), ce qui équivaut
environ à 4 mn supplémentaires de marche ou de course chaque jour
et cliniquement à une diminution de 2 mm du tour de taille et de
0,06 mmHg de la pression systolique. Il est faible aussi pour les
activités modérées ou intenses (0,16 ; 0,08 à 0,24). Aucun
sous-groupe ne semble plus réceptif que les autres, que ce soit en
fonction de l’âge, de l’IMC, du niveau scolaire, ou que
l’intervention ait eu lieu en milieu scolaire ou familial.
Il serait intéressant de connaître les raisons de cet échec,
attesté par de nombreux autres travaux. Mais si les résultats en
termes de prévention ou de lutte contre l’obésité de l’enfant sont
décevants, il ne faudrait pas négliger les autres bénéfices que
peut apporter l’habitude prise de pratiquer une activité physique
régulière formalisée, même si elle est modérée : amélioration des
capacités de coordination, de la confiance en soi, de l’esprit
d’équipe et de la socialisation des enfants et adolescents.
Dr Roseline Péluchon
Metcalf et coll. : effectiveness of intervention on physical activity of children: systematic review and meta-analysis of controlled trials with objectively measured outcomes (EarlyBird 54). BMJ 2012;345:e5888
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Vos réactions |
Une évidence, pour tous les médecins
Le 09 octobre 2012
Cette étude fait sourire car j'imagine, que tout ceux qui ont des consultations en nutrition ont pu constater que les égarements alimentaires "gagnent" toujours, face à une activité physique, sportive. Personnellement, j'ai le souvenir d'un garçon de 17 ans, champion de France dans sa discipline (avec l’entraînement que cela exige et sous-entend) et qui était obèse car son alimentation était "surréaliste"!
Christian Trape
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