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Si l’on croit qu’il est facile de faire bouger les enfants…

Publié le 08/10/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les interventions destinées à inciter les enfants à pratiquer une activité physique ont des résultats très décevants en termes de modification de l’indice de masse corporelle (IMC). De nombreux travaux l’ont démontré et ont conduit à formuler deux hypothèses pour expliquer ces échecs. La première est qu’en même temps que l’activité physique s’intensifie, la consommation de calories augmente aussi, annulant les bénéfices de la dépense énergétique supplémentaire.

Une deuxième hypothèse est que les interventions réalisées ne mènent pas réellement à davantage d’activités physiques chez les enfants, en tous cas pas suffisamment pour leur faire perdre du poids. C’est la version choisie par une équipe du Royaume-Uni, qui a réalisé une méta-analyse pour évaluer dans quelle mesure  les enfants augmentent leur activité physique après qu’ils y aient été incités par un programme adapté.

Trente études ont été retenues, incluant 14 326 participants au total. L’activité physique était évaluée par des questionnaires pour certains, mais pas seulement, puisque, pour plus de 6 000 participants, elle l’était par l’intermédiaire d’accéléromètres. Les enfants étaient incités à pratiquer une activité physique régulière, formalisée, dans un club, à l’école ou en famille. L’intervention devait durer au moins 4 semaines (jusqu’à 140 semaines) et l’activité physique était évaluée à la fin de celle-ci.

L’hypothèse émise se confirme. L’effet total de toutes les interventions est minime, voire négligeable sur le temps passé pour toutes les activités physiques (différence moyenne de 0,12 ; intervalle de confiance à 95% : 0,04 à 0,20), ce qui équivaut environ à 4 mn supplémentaires de marche ou de course chaque jour et cliniquement à une diminution de 2 mm du tour de taille et de 0,06 mmHg de la pression systolique. Il est faible aussi pour les activités modérées ou intenses (0,16 ; 0,08 à 0,24). Aucun sous-groupe ne semble plus réceptif que les autres, que ce soit en fonction de l’âge, de l’IMC, du niveau scolaire, ou que l’intervention ait eu lieu en milieu scolaire ou familial.

Il serait intéressant de connaître les raisons de cet échec, attesté par de nombreux autres travaux. Mais si les résultats en termes de prévention ou de lutte contre l’obésité de l’enfant sont décevants, il ne faudrait pas négliger les autres bénéfices que peut apporter l’habitude prise de pratiquer une activité physique régulière formalisée, même si elle est modérée : amélioration des capacités de coordination, de la confiance en soi, de l’esprit d’équipe et de la socialisation des enfants et adolescents.



Dr Roseline Péluchon


Metcalf et coll. : effectiveness of intervention on physical activity of children: systematic review and meta-analysis of controlled trials with objectively measured outcomes (EarlyBird 54). BMJ 2012;345:e5888



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Vos réactions

Une évidence, pour tous les médecins

Le 09 octobre 2012

Cette étude fait sourire car j'imagine, que tout ceux qui ont des consultations en nutrition ont pu constater que les égarements alimentaires "gagnent" toujours, face à une activité physique, sportive. Personnellement, j'ai le souvenir d'un garçon de 17 ans, champion de France dans sa discipline (avec l’entraînement que cela exige et sous-entend) et qui était obèse car son alimentation était "surréaliste"!

Christian Trape

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