Dans le syndrome de Gilles de la Tourette, les tics commencent
dans l’enfance, puis culminent à l’adolescence pour décliner
généralement à l’âge adulte. Cependant, même des patients adultes
continuent à éprouver des tics. Si les traitements psychotropes
proposés sont souvent efficaces, ils peuvent susciter des effets
indésirables, et des thérapies comportementales constituent des
alternatives intéressantes, bien qu’elles ne semblent jamais avoir
été évaluées chez l’adulte, dans des essais contrôlés sur une large
échelle.
C’est cette lacune que vient désormais combler une étude
conduite aux États-Unis, pendant quatre ans, sur 122 patients âgés
de 16 à 69 ans (78 hommes et 44 femmes, ayant une maladie de Gilles
de la Tourette ou un « trouble de tics chroniques »), pour
comparer l’efficacité d’une thérapie comportementale (CBIT :
comprehensive behavioral intervention for tics) à celle d’une
approche associant démarche psychoéducative et thérapie de soutien
(PST : psychoeducation and supportive therapy). Les
patients ont reçu l’une ou l’autre de ces thérapies au cours de 8
séances réparties pendant dix semaines, avec prolongation
éventuelle, en cas de réponse positive, sous forme de trois «
séances de rappel » mensuelles (booster sessions).
L’évaluation de leur efficacité était réalisée, au moyen de
l’échelle YGTSS [1] (Yale Global Tic Severity Scale
: échelle globale de Yale sur la sévérité des tics) et de l’échelle
CGII [2] (Clinical Global Impression–Improvement scale :
échelle globale quantifiant la sensation d’amélioration) par un
médecin ignorant la nature de cette thérapie.
Passant en moyenne de 24 à 17,8 (p < 0,001; effect size =
0,57), les scores YGTSS montrent une « amélioration
significativement supérieure » chez les patients avec CBIT,
par comparaison avec ceux recevant une thérapie non comportementale
(groupe avec PST). À l’échelle CGII, 38,1 % des sujets se sentent «
mieux ou beaucoup mieux », contre seulement 6,4 % du
groupe-contrôle avec PST (p < 0,001). Et quand une évaluation a
pu être réalisée six mois après le traitement, celle-ci a montré le
bénéfice persistant de la CBIT. L’étude confirme donc, estiment les
auteurs, que cette thérapie comportementale CBIT constitue une
approche « sûre et efficace » pour traiter les adultes
avec syndrome de Gilles de la Tourette.
[1]
http://dcf.psychiatry.ufl.edu/files/2011/06/TIC-YGTSS-Clinician.pdf
[2]
http://en.wikipedia.org/wiki/Clinical_Global_Impression
& http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2880930/
Dr Alain Cohen
Wilhelm S et coll. : « Randomized trial of behavior therapy for adults with Tourette syndrome » Arch Gen Psychiatry, 2012; 69(8): 795–803.
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