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Cancers du rein : la présence d’une composante sarcomatoïde assombrit toujours le pronostic

Publié le 08/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Parmi les nombreux sous-types de carcinomes rénaux à cellules claires, ceux qui présentent une différenciation sarcomatoïde (CRS) (environ 5 % des cancers du rein), ont un caractère particulièrement agressif. La composante sarcomatoïde coexiste généralement  avec d’autres formes de carcinomes. Des travaux récents ont classifié ces tumeurs en fonction du  pourcentage de zones sarcomatoïdes (%CRS) en leur sein. Les auteurs californiens ont examiné les conséquences  pronostiques et thérapeutiques de ces données.

Leur étude a porté sur les cancers du rein à cellules claires opérés entre 1989 et 2009 et inclus dans une base prospective de données clinicopathologiques. Les tumeurs pour lesquelles le compte rendu histologique mentionnait un aspect sarcomatoïde ou la présence de cellules fusiformes ont été identifiées.

Ces critères histologiques étaient retrouvés pour 104 malades (74 hommes), soit 5,4 % des néphrectomisés pour cancer. La plupart des tumeurs étaient volumineuses (moyenne10,7 cm), étaient au moins T3 (extension aux tissus et vaisseaux péri-rénaux), et 70 % étaient M1 (métastases dès la 1ère consultation). La nécrose était quasi-constante, le %CRS variait beaucoup (de 2 à 100 %), un envahissement micro-vasculaire (EMV) était noté dans 50 % des cas.

La présence d’EMV était corrélée à la taille de la tumeur, mais pas à l’existence de métastases. Le %CRS (< 25 %, 25 à 50 %, 50 à 75 %, >75 %) était corrélé avec l’état général mais pas avec la taille tumorale, l’EMV, le taux de nécrose, ni le statut ganglionnaire ou métastatique.

Durant le suivi, il y a eu 85 décès (81,2 %) et la survie moyenne a été de 6 mois. Le taux de survie à 1 et 5 ans a été de 30 et 6 %, ces chiffres passant à 45 et 18 % chez les 32 patients M0. En analyse multivariée, les facteurs indépendants influençant la survie sont l’état général, la taille de la tumeur, l’EMV, la présence de métastases, mais pas le %CRS.

Au total, la présence d’une composante sarcomatoïde diminue nettement la survie des patients atteints de cancers du rein. Plusieurs des caractéristiques histologiques associées sont assorties d’un pronostic aggravé et devraient être prises en compte lors de l’approche thérapeutique.



Dr Jean-Fred Warlin


Shuch B et coll. : Impact of pathological tumour characteristics in patients with sarcomatoid renal cell carcinoma. BJU International 2012;109:1600-1606.




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