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Qui a des bactéries résistantes plein le côlon ?

Publié le 08/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

C’est sans doute un des challenges médicaux les plus ardus du moment, et pour encore longtemps : les bactéries résistantes (R) aux antibiotiques ont envahi notre quotidien et leur contrôle est devenu une obsession quotidienne  de nombreux services hospitaliers, USI et réanimations en tête. Les bactéries R, comme l’illustre dramatiquement NDM1 en Inde, ne sont cependant plus l’apanage exclusif de l’hôpital : elles « ont pris pili » dans la communauté, et les patients qui arrivent à l’hôpital avec une "simple" infection communautaire à bactérie R sont légion. Qui, comment, pourquoi ? Où sont-ils rentrés en contact avec ces bactéries ? Une question à laquelle E Meyer et coll. apportent quelques éléments de réponse parfois un peu surprenants…

Etude, donc, de la prévalence de deux germes muti R "classiques ",  les entérobactéries BLSE (porteuses d’une β-lactamase à spectre élargi) et les enterocoques VRE, résistants à la vancomycine, chez des porteurs sains. Pour ce faire, les auteurs ont recruté leurs volontaires chez les participants d’un symposium en 2011, celui du German National Nosocomial Infection Surveillance System.  Ils les ont interrogés sur leur mode vie, régime alimentaire, contacts animaliers de toutes natures, voyages, séjours à l’hôpital, utilisation d’antibiotiques dans l’année, et les ont soumis à un dépistage rectal des bactéries précédemment citées. Au total, 231 volontaires, soit 36 % du symposium, ont  participé à l’étude. Si aucun entérocoque VRE n’a été détecté, des ESBL l’ont été chez 8 d’entre eux, soit 3,5 % de l’effectif. En analyse multivariée, des déplacements en Grèce ou en Afrique  et des contacts avec des animaux de compagnie étaient indépendamment associés à des dépistages positifs (Odds ratio respectifs de 15,2 ; 14,8 et 6,7).

On ne s’étonnera certainement pas qu’un voyage en Grèce soit à risque, et il y a déjà quelques temps que les spécialistes, confrontés à ce type de problème,  interrogent leurs patients sur leurs séjours à l’étranger, Inde, Afrique, Grèce et ailleurs. Mais que viennent faire les animaux de compagnie dans l’affaire? Comme le reconnaissent les auteurs, c’est la première fois –à leur connaissance- qu’on relie un risque multiplié par (presque) 7 à nos compagnons animaliers ; une sorte d’anomalie qu’ils n’expliquent pas, et qui gagnerait certainement à être confirmée. Passons sur l’absence d’entérocoques VRE (vu la population étudiée, on aurait pu s’attendre à quelques positifs) pour remarquer en conclusion  que ces 3,5 % de porteurs sains d’ESBL qui travaillent en milieux de soins contribuent sans doute au réservoir et à l’expansion communautaire de leurs bactéries, y compris pour leurs chiens…



Dr Jack Breuil


Meyer E et coll. : Pet animals and foreign travel are risk factors for colonisation with extended-spectrum -lactamase-producing Escherichia coli. Infection 2012 Publication avancée en ligne le 13 septembre. DOI 10.1007/s15010-012-0324-8.



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