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Un espoir d’amélioration dans la progeria

Publié le 08/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La progeria de Hutchinson-Gilford est une maladie génétique rare affectant une naissance sur 4 millions, caractérisée par un vieillissement prématuré débutant dès la période néonatale. Ses manifestations incluent une alopécie, une peau fine, une lipoatrophie, des contractures articulaires, une dysplasie squelettique, et une athérosclérose. Les patients décèdent précocement (à l’âge de 13 ans en moyenne) dans un contexte d’infarctus du myocarde ou d’AVC.

En cause, dans la forme classique, une mutation dominante du gène LMNA situé sur le chromosome 1, qui conduit à une lamine A anormale baptisée progérine. La progérine est dépourvue du site de clivage protéolytique normalement utilisé pour enlever l’extrémité carboxy farnésylée de la lamine A lors de la maturation post-tranductionnelle. Une farnésylation persistante provoque l'accumulation de progérine dans la membrane nucléaire interne et est au moins en partie responsable du phénotype de la maladie.

Des inhibiteurs de farnésyltransférase sont en développement comme agents anti-cancéreux. Se liant au motif CAAX de la farnésyltransférase, ces petites molécules inhibent la farnésylation de la progérine.

Ils améliorent les symptômes cardiovasculaires, la minéralisation osseuse, le poids et la durée de vie des animaux dans des modèles murins de progeria. Le lonafarnib ayant démontré un profil d’innocuité favorable dans une population pédiatrique, 26 enfants atteints de progeria, dans 16 pays, ont été inclus dans un essai clinique de phase 2 avec le lonafarnib en 2007, dont 25 ont été traités pendant au moins 2 ans à une dose de 115mg/m2 à 150mg/m2.

Un gain de poids d’au moins 50 % est observé chez 9 patients (36 %). Le poids des 16 autres est stable ou même diminue dans certains cas. Les effets positifs sont attribués à un gain musculaire et osseux.

Le traitement résulte en une amélioration de l’état cardiovasculaire qui se traduit par une diminution de 35 % (médiane ; n=18 ; p=0,0001) de la vitesse de l'onde de pouls carotido-fémorale, associée à la rigidité de la paroi artérielle et à sa distensibilité, ainsi qu’une réduction de l’échodensité des parois carotidiennes au niveau intima, media et proche adventitia. Côté osseux, plusieurs paramètres contribuant à un renforcement de la résistance osseuse sont améliorés (densité minérale osseuse à plusieurs sites, rigidité structurelle, géométrie) et les données suggèrent une augmentation du diamètre de l’os par expansion périostée. Le traitement résulte par ailleurs en une meilleure audition neurosensorielle à basse fréquence, laquelle dépend de l’état neurologique.

Malgré quelques limitations de cette étude (un seul bras, nombre de cas limité de progeria, manque de corrélation entre un marqueur de l’inhibition de la farnésylation et bénéfice clinique) cette étude  est une première preuve de l’intérêt d’inhiber la farnésylation in vivo chez l’homme dans la progeria, et ces résultats ont d’autres implications dans la mesure où la progérine a été liée au vieillissement normal notamment à une dysfonction des télomères.



Dominique Monnier


Gordon LB et coll. Clinical trial of a farnesyltransferase inhibitor in children with Hutchinson–Gilford progeria syndrome. Proc Natl Acad Sci U S A. 2012. Publié avancée en ligne le 24 septembre. doi/10.1073/pnas.1202529109


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