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Détection des infarctus du myocarde asymptomatiques chez le sujet âgé : meilleure avec l’IRM

Publié le 10/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La prévalence de l’infarctus du myocarde  asymptomatique (IDMa)  est élevée chez les patients atteints d’un diabète, quel que soit son type. Il en va de même chez le sujet âgé. Avant l’avènement de l’imagerie cardiaque, morphologique ou fonctionnelle, son identification reposait sur l’électrocardiogramme de surface, lequel manque de sensibilité dans cette indication. L’étude de cohorte islandaise « ICELAND MI » s’est fixée comme objectif la détection de l’IDMa au sein d’une population de sujets âgés, constituée entre janvier 2004 et janvier 2007.

Deux techniques ont été utilisées, d’une part l’ECG de repos, d’autre part l’IRM cardiaque (IRMc). Les 936 participants, âgés de 67 à 93 ans, dont 266 atteints d’un diabète vivaient tous au sein de la communauté.  Dans cette cohorte, un IDM était déjà connu pour 91 patients (9,7 %). Un IDM a été découvert par l’IRMc chez 17 % des participants (n=157) et par l’ECG chez 5 % (n=46) (p<0,001). En cas de diabète, les chiffres correspondants ont été respectivement de 21 % et 4 % (p<0,001).

Une association avec les facteurs de risque de l’athéroslérose, la charge calcique des coronaires, une revascularisation myocardique et une maladie vasculaire périphérique était retrouvée en cas d’IDMa révélé par l’IRMc.

La mortalité à long  terme (suivi médian = 6,4 années) a été estimée à 28 % en cas d’IDMa non connu, versus 33 % en cas d’IDM connu et 17 % en l’absence d’IDM. Après ajustement prenant en compte l’âge, le sexe, le diabète et un IDM connu, le risque relatif ajusté (RRA) de décès a été évalué à 1,45 chez les patients atteints d’un IDM révélé par l’IRMc, l’élévation du risque en valeur absolue étant estimée à 8 %.

L’évaluation du risque de mortalité à long terme en cas d’IDMa est ainsi bien mieux approchée avec l’IRMc. Rien de tel avec l’ECG de repos, du fait de son manque de sensibilité sur ce point, le RRA de décès estimé étant ici de 0,88.

En bref, l’IRMc est bien évidemment supérieure à l’ECG dans la détection des IDM asymptomatiques du sujet âgé, en termes de sensibilité. Ceux-ci exposent à une surmortalité qui devrait être prise en compte dans la prise en charge thérapeutique, au même titre que les IDM révélés par les symptômes et signes habituels. L’IRMc doit-elle être pour autant utilisée dans un tel contexte ? Oui, si son rapport coût/efficacité peut être établi, ce qui est une autre histoire.



Dr John Sorri


Schelbert EB et coll. : Prevalence and prognosis of unrecognized myocardial infarction determined by cardiac magnetic resonance in older adults. JAMA. 2012; 308: 890-896.




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