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La vie après un norovirus, parfois pas si facile

Publié le 10/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les gastro-entérites à norovirus (GE, NV), vous en rencontrerez obligatoirement un jour ou l’autre : selon les CDC, le NV est responsable à lui seul de presque 21 millions d’infections chaque année pour les seuls USA. A priori, ce n’est pas très grave : dans l’immense majorité des cas, tout se termine en 2-3 jours après quelques vomissements aigus parfois accompagnés d’une diarrhée aqueuse. Rien de bien dramatique, donc, sauf que… Sauf que, récemment, a été évoquée l’hypothèse que le NV, à l’instar d’autres agents de GE –en particulier bactériens-pourrait être responsable de problèmes intestinaux chroniques (l’archétype en étant le syndrome du côlon irritable) et autres reflux gastro-œsophagiens, dyspepsies ou constipations persistants. Une hypothèse qui mériterait certainement d’être étayée au mieux, tant les chiffres du NV sont impressionnants…

C K Porter et al., du Naval Medical Research Center de Maryland, proposent aujourd’hui une nouvelle étude sur ce même thème de la qualité de la vie qui suit une GE aiguë à NV. Pour ce faire, ils ont analysé rétrospectivement tous les enrôlés venus consulter pour GE aiguë dans une clinique militaire durant 3 épidémies confirmées à NV, les ont appariés à des sujets sains et les ont suivis sur une période d’au moins 1 an, relevant tout signe évocateur de côlon irritable et autre. D’où il est apparu, pour 1 718 sujets inclus de sexe très majoritairement masculin, que l’incidence des constipations, dyspepsies et reflux était approximativement 1,5 fois supérieure (P<0,01) chez les sujets exposés que chez les autres, avec de fortes variations de la fréquence de chaque symptôme à chaque épisode épidémique. Des données qui, pour les auteurs, suggèrent bel et bien une « dys mobilité » post- infectieuse résiduelle (à confirmer quand même par d’autres études), et sans doute, puisque nous sommes aux USA, des coûts induits non négligeables.

Le NV donc, (parfois)  responsable de syndromes post-infectieux ? Peut-être, si l’on en croit les auteurs, mais certainement moins souvent que les bactéries habituellement mises en cause et force est de reconnaître que la démonstration  manque un peu de force. Porter et ses collaborateurs notent qu’on n’a aucune idée du mécanisme physiopathologique responsable, évoquant une éventuelle activation immunitaire chronique lors de la phase aiguë, et/ou une altération de la motricité gastrique. Ce qui est sûr, c’est que, avec plus de 56 000 hospitalisations annuelles (toujours selon les CDC), le norovirus, principale étiologie des GE alimentaires aux Etats-Unis, n’a pas fini de faire l’objet d’études… aux  résultats parfois contradictoires et incertains.



Dr Jack Breuil


Porter CK et coll. : Postinfectious gastrointestinal disorders following norovirus outbreaks. Clin Infect Dis 2012; 255: 915-22.


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