Les gastro-entérites à norovirus (GE, NV), vous en rencontrerez
obligatoirement un jour ou l’autre : selon les CDC, le NV est
responsable à lui seul de presque 21 millions d’infections chaque
année pour les seuls USA. A priori, ce n’est pas très grave : dans
l’immense majorité des cas, tout se termine en 2-3 jours après
quelques vomissements aigus parfois accompagnés d’une diarrhée
aqueuse. Rien de bien dramatique, donc, sauf que… Sauf que,
récemment, a été évoquée l’hypothèse que le NV, à l’instar d’autres
agents de GE –en particulier bactériens-pourrait être responsable
de problèmes intestinaux chroniques (l’archétype en étant le
syndrome du côlon irritable) et autres reflux gastro-œsophagiens,
dyspepsies ou constipations persistants. Une hypothèse qui
mériterait certainement d’être étayée au mieux, tant les chiffres
du NV sont impressionnants…
C K Porter et al., du Naval Medical Research Center de
Maryland, proposent aujourd’hui une nouvelle étude sur ce même
thème de la qualité de la vie qui suit une GE aiguë à NV. Pour ce
faire, ils ont analysé rétrospectivement tous les enrôlés venus
consulter pour GE aiguë dans une clinique militaire durant 3
épidémies confirmées à NV, les ont appariés à des sujets sains et
les ont suivis sur une période d’au moins 1 an, relevant tout signe
évocateur de côlon irritable et autre. D’où il est apparu, pour 1
718 sujets inclus de sexe très majoritairement masculin, que
l’incidence des constipations, dyspepsies et reflux était
approximativement 1,5 fois supérieure (P<0,01) chez les sujets
exposés que chez les autres, avec de fortes variations de la
fréquence de chaque symptôme à chaque épisode épidémique. Des
données qui, pour les auteurs, suggèrent bel et bien une « dys
mobilité » post- infectieuse résiduelle (à confirmer quand même par
d’autres études), et sans doute, puisque nous sommes aux USA, des
coûts induits non négligeables.
Le NV donc, (parfois) responsable de syndromes
post-infectieux ? Peut-être, si l’on en croit les auteurs, mais
certainement moins souvent que les bactéries habituellement mises
en cause et force est de reconnaître que la démonstration
manque un peu de force. Porter et ses collaborateurs notent qu’on
n’a aucune idée du mécanisme physiopathologique responsable,
évoquant une éventuelle activation immunitaire chronique lors de la
phase aiguë, et/ou une altération de la motricité gastrique. Ce qui
est sûr, c’est que, avec plus de 56 000 hospitalisations annuelles
(toujours selon les CDC), le norovirus, principale étiologie des GE
alimentaires aux Etats-Unis, n’a pas fini de faire l’objet
d’études… aux résultats parfois contradictoires et
incertains.
Dr Jack Breuil
Porter CK et coll. : Postinfectious gastrointestinal disorders following norovirus outbreaks. Clin Infect Dis 2012; 255: 915-22.
Vous pouvez lire sur un thème proche
:
Copyright © http://www.jim.fr
 |
Vos réactions |