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Une montée laiteuse tardive prédit un allaitement maternel de courte durée

Publié le 11/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La deuxième phase de la lactogenèse est marquée par le début d’une sécrétion lactée abondante, augmentant régulièrement entre la 36ème et la 96ème heure post-partum avant de marquer un plateau. Un  retard est défini par un début après la 72ème heure. De nombreux facteurs influent sur le risque de retard, entre autres : âge, parité, obésité maternelle, mode d’accouchement, travail prolongé, médications, poids de naissance, Apgar bas, mamelons ombiliqués, biberons dans les 2 premiers jours.

Une enquête américaine a permis d’étudier les relations entre un délai dans l’établissement de la 2ème phase de la lactogénèse (LG II), supérieur à 3 jours post-partum et la fin de l’allaitement exclusif ou mixte à la 4ème semaine. Dans le cadre d’une étude de cohorte prospective sur la nutrition des nourrissons, l’analyse a inclus 2 491 mères qui ont été invitées en 2005-2007 à remplir un questionnaire sur le début de la LG II, avant ou après le 3ème jour et la persistance d’un allaitement maternel, exclusif ou mixte à 4 semaines. Les critères de sélection ont été l’âge (≥ 18 ans), nouveau-né ≥ 35 semaines, singleton en bonne santé, pesant au moins 2,3 Kg. L’analyse statistique a porté sur les données brutes puis corrigées en prenant en compte les facteurs de confusion, en analyse de régression logistique à variables multiples. Les résultats ont été ajustés en fonction des facteurs démographiques maternels, niveau d’éducation, parité et expérience antérieure d’allaitement, tabac et date de reprise du travail.

En moyenne, le début de la LG II a été de 2,8 ± 1,1 jours, la durée moyenne de l’allaitement exclusif ou mixte de 26 ± 19,9 semaines (médiane 21,5). L’incidence du retard de la lactogenèse a été de 23,2 %. Avant ajustement, le rapport de risque de l’effet du retard sur la durée de l’allaitement était significatif (Odds Ratio [OR] : 1,59 ; intervalle de confiance à 95 % [IC] : 1,24-2,05) et également après ajustement (OR , 1,62 ; IC 1,14-2,31), ces données étant comparables pour l’allaitement exclusif ou mixte. Les autres facteurs de risque d’interruption précoce de l’allaitement, statistiquement significatifs, étaient la pauvreté, la taille de la fratrie, l’absence d’un allaitement antérieur, le tabac et au contraire les facteurs de prolongation la mise au sein précoce, l’allaitement à la demande, les préférences de l’accoucheur ou du pédiatre, l’accompagnement en maternité.

En conclusion, les mères qui ont une montée laiteuse tardive ont plus de risques d’interrompre totalement ou partiellement l’allaitement à 1 mois.



Pr Jean-Jacques Baudon


Brownell E et coll. : Delayed onset lactogenesis II predicts the cessation of any or exclusive breastfeeding. J Pediatr., 2012;161: 608-14



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