L’incidence des incontinences d’urine (IU) augmente dans les
deux sexes aux Etats-Unis, parallèlement à la prescription de
médicaments. On implique habituellement les diurétiques, certains
neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs et hormones chez la
femme.
Une étude a examiné l’association entre la consommation de
médicaments et la prévalence de l’incontinence urinaire parmi 5 031
personnes (2 898 femmes) de Boston, âgées de 30 à 79 ans,
représentatives de la population générale en termes d’ethnies,
statut socio-économique, indice de masse corporelle et pathologies
associées. La définition de l’IU a été l’absence de contrôle de la
miction au moins une fois par semaine au cours de la dernière
année. On s’est intéressé aux médicaments et aux associations de
médicaments ingérés au cours du dernier mois, en combinant les deux
par régression logistique.
L’IU a été rencontrée chez 9 % des femmes et 5 % des hommes, et
les personnes atteintes avaient en moyenne 5 ans de plus que les
personnes sans IU (SIU). Chez la femme, l’IU était constatée plus
souvent chez des diabétiques, hypertendues,
hypercholestérolémiques, arthrosiques, asthmatiques, obèses ou
dépressives ; leur parité était aussi supérieure et elles étaient
presque 2 fois plus nombreuses que les SIU à prendre au moins 3
médicaments. Chez l’homme, on retrouve comme facteurs associés le
diabète, mais seule la dépression est significativement plus
fréquente en cas d’IU.
En ce qui concerne les médicaments, on retrouve chez la femme
une incidence majorée de prise d’antihistaminiques (28 % des
utilisatrices ont une IU), d’antidépresseurs, de bronchodilatateurs
β2 stimulants, d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) de
l’angiotensine II ; ces derniers sont également incriminés chez
l’homme, suivis par les diurétiques de l’anse et les
hypnotiques.
En régression logistique, 5 types de molécules restent
significativement soupçonnés d’augmenter l’incidence des IU chez la
femme : antihistaminiques, bronchodilatateurs, IEC,
œstrogènes, et, à un moindre degré de signification, les
anticonvulsivants.
Chez l’homme, seuls ces derniers engendrent un taux majoré
(multiplié par 2.5), mais les IEC sont associés à une incidence
accrue d’IU, moins marquée cependant.
Cette étude descriptive transversale laisse entrevoir une
association entre certaines médications et l’incontinence urinaire,
qui mériterait de plus amples développements ; une étude
longitudinale, s’étalant au fil du temps, permettrait d’affiner nos
connaissances sur ce sujet.
Dr Jean-Fred Warlin
Hall SA et coll. : Associations of commonly used medications with urinary incontinence in a community based sample. J Urol., 2012; 188; 183-189.
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