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Un lien entre incontinence urinaire et consommation de certains médicaments

Publié le 11/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’incidence des incontinences d’urine (IU) augmente dans les deux sexes aux Etats-Unis, parallèlement à la prescription de médicaments. On implique habituellement les diurétiques, certains neuroleptiques, anxiolytiques, antidépresseurs et hormones chez la femme.

Une étude a examiné l’association entre la consommation de médicaments et la prévalence de l’incontinence urinaire parmi 5 031 personnes (2 898 femmes) de Boston, âgées de 30 à 79 ans, représentatives de la population générale en termes d’ethnies, statut socio-économique, indice de masse corporelle et pathologies associées. La définition de l’IU a été l’absence de contrôle de la miction au moins une fois par semaine au cours de la dernière année. On s’est intéressé aux médicaments et aux associations de médicaments ingérés au cours du dernier mois, en combinant les deux par régression logistique.

L’IU a été rencontrée chez 9 % des femmes et 5 % des hommes, et les personnes atteintes avaient en moyenne 5 ans de plus que les personnes sans IU (SIU). Chez la femme, l’IU était constatée plus souvent chez des diabétiques, hypertendues, hypercholestérolémiques, arthrosiques, asthmatiques, obèses ou dépressives ; leur parité était aussi supérieure et elles étaient presque 2 fois plus nombreuses que les SIU à prendre au moins 3 médicaments. Chez l’homme, on retrouve comme facteurs associés le diabète, mais seule la dépression est significativement plus fréquente en cas d’IU.

En ce qui concerne les médicaments, on retrouve chez la femme une incidence majorée de prise d’antihistaminiques (28 % des utilisatrices ont une IU), d’antidépresseurs, de bronchodilatateurs β2 stimulants, d’inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC) de l’angiotensine II ; ces derniers sont également incriminés chez l’homme, suivis par les diurétiques de l’anse et les hypnotiques.
En régression logistique, 5 types de molécules restent significativement soupçonnés d’augmenter l’incidence des IU chez la femme : antihistaminiques, bronchodilatateurs,  IEC, œstrogènes, et, à un moindre degré de signification, les anticonvulsivants. 
Chez l’homme, seuls ces derniers engendrent un taux majoré (multiplié par 2.5), mais les IEC sont associés à une incidence accrue d’IU, moins marquée cependant.

Cette étude descriptive transversale laisse entrevoir une association entre certaines médications et l’incontinence urinaire, qui mériterait de plus amples développements ; une étude longitudinale, s’étalant au fil du temps, permettrait d’affiner nos connaissances sur ce sujet.



Dr Jean-Fred Warlin


Hall SA et coll. : Associations of commonly used medications with urinary incontinence in a community based sample. J Urol., 2012; 188; 183-189.


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