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Les programmes nutritionnels en milieu scolaire sont-ils vraiment efficaces ?

Publié le 11/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’un des enjeux des politiques de santé publique est d’augmenter la consommation des fruits et légumes, notamment chez les enfants. Ces derniers consomment en moyenne deux à trois portions des cinq qui sont recommandées en Europe, aux Etats-Unis et en Australie. Ils sont une cible privilégiée des programmes d’éducation nutritionnelle car on pense que de bonnes habitudes prises tôt dans la vie ont toutes les chances de se pérenniser à l’âge adulte. Plusieurs revues ont détaillé l’impact d’interventions visant une augmentation de la consommation des fruits et légumes chez des enfants mais seules deux méta-analyses ont été publiées, l’une d’entre elle portant sur un petit nombre de travaux, la seconde regroupant des essais hétérogènes.

La méta-analyse d’Evans met à jour les données sur l’effet des interventions nutritionnelles chez l’enfant en incluant les résultats de 21 programmes réalisés en milieu scolaire et concernant 26 361 sujets âgés de cinq à douze ans. Seules les études rapportant la consommation de fruits et légumes sur 24 heures ont été incluses, excluant donc celles qui sont biaisées en recueillant uniquement les apports alimentaires à l’école.

L’analyse principale est encourageante, montrant que les programmes interventionnels augmentent la consommation de fruits et légumes de 0,25 portion/jour. Après exclusion des jus de fruits dont l’intérêt nutritionnel est douteux, l’augmentation est de 0,32 portion/jour. Cet effet bénéfique est essentiellement lié à une modification du comportement vis à vis des fruits. Alors que ceux-ci sont davantage consommés (+0,24 portion/jour), la consommation des légumes n’évolue pas significativement lors des programmes d’intervention en milieu scolaire (+0,07 portion/jour ; IC : -0,03-0,16).

Les programmes nutritionnels analysés peuvent être classés en deux grandes catégories : « des interventions globales » visant à motiver les enfants et leurs familles à améliorer leurs habitudes alimentaires et les « actions ciblées » au cours desquelles des fruits et légumes sont mis à disposition des sujets. Bien que les « interventions globales » paraissent les plus efficaces, les auteurs considèrent qu’ils ne disposent pas de preuves suffisantes pour l’affirmer.
L’une des principales limites de cette méta-analyse est liée aux biais de publication reconnu par les auteurs. En outre, au moins la moitié des études incluses n’étaient pas randomisées.
Cette revue scientifique apporte des arguments rassurants concernant l’intérêt des interventions en milieu scolaire pour aider les enfants à consommer davantage de fruits. En revanche, elle montre que ces programmes ne sont pas franchement efficaces pour lever les obstacles qui freinent la consommation des légumes.


Il reste encore du travail pour trouver les moyens efficaces permettant atteindre l’objectif de consommation des cinq fruits et légumes par jour !



Dr Boris Hansel


Cade JE et coll. : Systematic review and meta-analysis of school-based interventions to improve daily fruit and vegetable intake in children aged 5 to 12 y. Am J Clin Nutr. 2012; 96: 889-901.




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