L’un des enjeux des politiques de santé publique est d’augmenter
la consommation des fruits et légumes, notamment chez les enfants.
Ces derniers consomment en moyenne deux à trois portions des cinq
qui sont recommandées en Europe, aux Etats-Unis et en Australie.
Ils sont une cible privilégiée des programmes d’éducation
nutritionnelle car on pense que de bonnes habitudes prises tôt dans
la vie ont toutes les chances de se pérenniser à l’âge adulte.
Plusieurs revues ont détaillé l’impact d’interventions visant une
augmentation de la consommation des fruits et légumes chez des
enfants mais seules deux méta-analyses ont été publiées, l’une
d’entre elle portant sur un petit nombre de travaux, la seconde
regroupant des essais hétérogènes.
La méta-analyse d’Evans met à jour les données sur l’effet des
interventions nutritionnelles chez l’enfant en incluant les
résultats de 21 programmes réalisés en milieu scolaire et
concernant 26 361 sujets âgés de cinq à douze ans. Seules les
études rapportant la consommation de fruits et légumes sur 24
heures ont été incluses, excluant donc celles qui sont biaisées en
recueillant uniquement les apports alimentaires à l’école.
L’analyse principale est encourageante, montrant que les
programmes interventionnels augmentent la consommation de fruits et
légumes de 0,25 portion/jour. Après exclusion des jus de fruits
dont l’intérêt nutritionnel est douteux, l’augmentation est de 0,32
portion/jour. Cet effet bénéfique est essentiellement lié à une
modification du comportement vis à vis des fruits. Alors que
ceux-ci sont davantage consommés (+0,24 portion/jour), la
consommation des légumes n’évolue pas significativement lors des
programmes d’intervention en milieu scolaire (+0,07 portion/jour ;
IC : -0,03-0,16).
Les programmes nutritionnels analysés peuvent être classés en
deux grandes catégories : « des interventions globales » visant à
motiver les enfants et leurs familles à améliorer leurs habitudes
alimentaires et les « actions ciblées » au cours desquelles des
fruits et légumes sont mis à disposition des sujets. Bien que les «
interventions globales » paraissent les plus efficaces, les auteurs
considèrent qu’ils ne disposent pas de preuves suffisantes pour
l’affirmer.
L’une des principales limites de cette méta-analyse est liée aux
biais de publication reconnu par les auteurs. En outre, au moins la
moitié des études incluses n’étaient pas randomisées.
Cette revue scientifique apporte des arguments rassurants
concernant l’intérêt des interventions en milieu scolaire pour
aider les enfants à consommer davantage de fruits. En revanche,
elle montre que ces programmes ne sont pas franchement efficaces
pour lever les obstacles qui freinent la consommation des
légumes.
Il reste encore du travail pour trouver les moyens efficaces
permettant atteindre l’objectif de consommation des cinq fruits et
légumes par jour !
Dr Boris Hansel
Cade JE et coll. : Systematic review and meta-analysis of school-based interventions to improve daily fruit and vegetable intake in children aged 5 to 12 y. Am J Clin Nutr. 2012; 96: 889-901.
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