La macrosomie fœtale (MF) définie, à la naissance, par un
poids du bébé > à 4 kg, augmente aussi bien les risques de
complications lors de l’accouchement que les risques d’obésité plus
tard chez l’enfant. Il existe une relation continue
entre l’élévation de la glycémie maternelle et le
risque de MF même à des seuils en deçà du diagnostic du
diabète. Un régime à indice glycémique (IG) bas semble
donc approprié aux parturientes même non diabétiques, mais ce type
de régime n’a jamais fait l’objet d’études randomisées.
Les auteurs, à travers une étude randomisée et
contrôlée, ont voulu vérifier l’hypothèse selon laquelle un régime
à IG bas réduirait le risque de récurrence de MF chez
les femmes « secondipares » sans antécédents de diabète, mais
ayant accouché d’un bébé macrosome lors de leur
première grossesse (qualifiées de femmes à risque).
Huit cents femmes à risque ont été randomisées en
deux groupes, les unes recevant les recommandation d’usage sur
l’équilibre alimentaire (groupe contrôle) , les autres un
régime privilégiant des aliments à IG bas, sans
contrainte calorique (groupe intervention). L’objectif primaire
était d’évaluer la différence de poids de naissance des bébés entre
les 2 groupes.
Les paramètres de base étaient identiques dans les 2
groupes (âge 32 ans, âge gestationnel 13 semaines, IMC 26,8 Kg/m²,
glycémie à jeun 4,5 mmol/l). Quatre-vingt pour cent des
femmes du groupe intervention ont adhéré correctement
au régime.
Aucune différence significative du poids de naissance des
bébés entre les groupes contrôle et intervention n’a été observée
(4 ± 0,5 kg et 4 ± 0,49 kg respectivement, p=0,45), 51 % des
femmes ayant accouché de bébés macrosomes (p=0,88). Les
complications à l’accouchement étaient également similaires
dans les 2 groupes.
On relève cependant une réponse significativement plus
favorable au test de dépistage du DG réalisé à 28 semaines
d’aménorrhées dans le groupe d’intervention.
Selon les auteurs un régime à IG bas ne semble pas réduire
l’incidence de MF chez des femmes à risque mais améliore néanmoins
leur homéostasie glucidique.
L’évolution du poids fœtal reste la résultante de facteurs
génétiques et environnementaux. Si un régime à IG bas (qui
consiste grossièrement à éviter les aliments à base de farine
blanche et de sucre raffiné) ne prévient pas la MF chez les femmes
à risque, il conserve néanmoins des atouts non négligeables
dont celui de limiter significativement la prise de
poids durant la grossesse.
Dr Rodi Courie
Walsh JM et coll. : Low glycaemic index diet in pregnancy to prevent macrosomia (ROLO study): randomised control trial. BMJ, 2012; 345:e5605. doi: 10.1136/bmj.e5605.
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