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Vers une réhabilitation du THS ?

Publié le 14/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La publication en 2002 des résultats de l’étude Women’s Health Initiative a mis un coup d’arrêt aux prescriptions de traitements hormonaux substitutifs (THS) de la ménopause. Les effets indésirables du THS (augmentation du risque de cancer du sein et du risque thrombo-embolique) en faisaient oublier  ses effets positifs et motivaient mises en garde et revirements dans les recommandations.

Une équipe danoise publie ces jours-ci les résultats d’une étude qui était en cours depuis 10 ans au moment de la publication des résultats de l’étude WHI. L’objectif était de vérifier les effets cardiovasculaires à long terme du THS. Etude randomisée, elle comparait deux groupes de patientes ménopausées. Les unes (n=502) avaient reçu un THS dès l’installation de leur ménopause. Il s’agissait d’un traitement triphasique constitué de 17β-estradiol et de norethistérone  ou de 2mg de 17β-estradiol seul quotidiennement pour les patientes hystérectomisées. Le groupe témoin comprenait 504 patientes elles aussi ménopausées, ne recevant aucun traitement. L’essai a été interrompu au moment de la publication de l’étude WHI, mais les patientes suivies encore pendant 6 ans.

A 10 ans, le THS paraît associé à une réduction de moitié de la mortalité cardiovasculaire, des insuffisances cardiaques et infarctus du myocarde (Hazard Ratio pour le critère composite 0,48 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,26-0,87 ; P=0,015). Ce bénéfice ne s’accompagne pas d’une augmentation du nombre de cancers du sein (10 dans le groupe traité vs 17) ni des thromboses veineuses profondes ou des accidents vasculaires cérébraux. Six ans plus tard, le bénéfice cardiovasculaire se maintient, toujours sans augmentation de l’incidence des cancers du sein.

Le type d’hormones utilisées, l’âge moyen des patientes au début du traitement (50 vs 64 ans) et surtout le délai entre la ménopause et le début du traitement (0,7 vs 10 ans) expliqueraient la contradiction entre ces résultats et ceux de WHI concernant le lien entre THS et cancer du sein. Les auteurs notent toutefois que le très faible nombre de cancers du sein développés dans chaque groupe pendant le suivi confère un certain degré d’incertitude aux résultats et interdit donc un excès d’enthousiasme.



Dr Roseline Péluchon


Lind Schierbeck et coll. : Effect of hormone replacement therapy on cardiovascular events in recently postmenopausal women: randomised trial. BMJ 2012; 345:e6409



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