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Il faut traiter précocement et agressivement le lichen scléreux génital de l’homme

Publié le 16/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le lichen scléreux (LS) est une maladie inflammatoire sclérosante atteignant les muqueuses génitales et anales ainsi que la peau.  Son extension se fait de la peau distale vers l’urètre proximal, menacé de sténose. S’il est limité au prépuce ou au gland,  la circoncision et/ou la corticothérapie locale d’activité très forte suffisent. Une sténose de l’urètre distal guérit par dilatation ou méatotomie, une sténose étagée ou plus étendue oblige à des interventions beaucoup plus lourdes, urétroplasties nécessitant des lambeaux d’avancement ou des greffes, en sachant que ces opérations ont leur morbidité propre et un risque de récidives élevé.
Les auteurs américains ont émis l’hypothèse qu’un traitement agressif et précoce médical et chirurgical simple permettrait de réduire le potentiel évolutif du LS et donc le recours aux interventions difficiles et risquées.

Leur travail a porté sur 43 cas (dont 40 confirmés histologiquement) de LS (âge moyen 50 ans). Le diagnostic clinique a été évoqué devant des plaques blanches du gland avec infiltration scléreuse sous-jacente, et fragilité épidermique se traduisant par des fissures lors des érections. Des examens complémentaires ont été pratiqués : urétrographie, urétrocystoscopie, tests dynamiques. On a noté les antécédents (âge, race, circoncision, corticothérapie, site du LS, interventions antérieures).

Les malades ont été suivis en moyenne pendant 4 ans. Initialement, 17 d’entre eux (40 %) avaient des lésions limitées au prépuce ou au pourtour du méat, qui ont été traitées par circoncision seule (4 cas), crème  de clobétasol à 0,05 % 2 fois par jour seul (7 cas) ou association des deux (6 cas). Les succès furent complets et sans récidives chez ces 17 sujets (épreuves dynamiques normales à distance). Douze autres, qui avaient une sténose méatique et des troubles mictionnels, ont été traités avec succès par méatotomie, sans aucune récidive.

Les 14 malades restants étaient porteurs de lésions urétrales plus étendues, qui ont justifié des gestes plus agressifs : réparations étagées, faisant appel à des greffes de muqueuse buccale le plus souvent, voire une greffe de peau en filets. Mais, chez 2 d’entre eux, la sanction a été une urétrostomie périnéale définitive. Sur ces 14 opérés, on a observé 8 récidives, dont 7 après urétroplastie (même en plusieurs temps) et une après urétrostomie cutanée.
Ainsi des corticoïdes très actifs en topiques et des gestes chirurgicaux mineurs appliqués à un stade précoce empêcheraient l’extension du lichen.



Dr Jean-Fred Warlin


Tausch TJ et Peterson AC. : Early aggressive treatment of lichen sclerosus may prevent disease progression. J Urol., 2012;187:2101-2105.


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