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L’obésité est directement responsable d’un risque accru de fibrillation auriculaire

Publié le 16/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Il est établi que globalement l’obésité favorise la fibrillation auriculaire FA et rend son traitement plus difficile.

Des études animales menées en Australie (moutons !) ont montré que cet effet délétère est dû à l’obésité per se et non à des facteurs pathologiques fréquemment retrouvés chez les malades avec FA,  tels que l’hypertension artérielle, l’apnée du sommeil, le diabète … L’obésité  provoquerait directement des modifications de la physiologie et de la structure de l’oreillette conduisant à un remodelage auriculaire.

Qu’en est-il chez l’homme ?

Des spécialistes de la Mayo clinic (USA) ont étudié des malades présentant une FA,  adressés pour un traitement ablatif par cathéter. Ils ont comparé les paramètres électrophysiologiques et hémodynamiques (cathéter et écho) obtenus chez 19 personnes non obèses (indice de masse corporelle ; IMC<25) et 44 patients  obèses (IMC>30). Les facteurs confondants ont été pris en compte dans l’analyse.

Les résultats montrent que les obèses présentent (par rapport aux non obèses) une diminution significative de la période réfractaire effective (PRE) de l’oreillette gauche (OG) (251 ± 25 ms vs. 233 ± 32 ms, p = 0,04) et de la conduction longitudinale de la veine pulmonaire (VP) proximale (207 ± 33 ms vs. 248 ± 34 ms, p < 0,001) et distale (193 ± 33 ms vs. 248 ± 44 ms, p < 0,001).
Ils présentent aussi une augmentation de la pression moyenne dans l’OG (15 ± 5 mm Hg vs. 10 ± 5 mm Hg, p < 0,001), et de son volume (28 ± 12 ml/m(2) vs. 21 ± 14 ml/m(2), p = 0,006), ainsi qu’une contractilité diminuée.

Les auteurs concluent que l’obésité elle-même, indépendamment des pathologies qui lui sont habituellement associées, est un facteur favorisant et aggravant de FA par les perturbations électriques hémodynamiques et structurelles qu’elle provoque directement. Les raisons de ces perturbations restant à déterminer.

Ces lésions une fois présentes sont-elles réversibles par le biais d’une réduction de l’obésité ? C’est ce qu’il serait intéressant de savoir d’autant plus que les études sur la perte de poids post-chirurgie bariatrique ne donnent que peu d’informations à cet égard !



Dr Rodi Courie


Munger TM et coll. : Electrophysiological and hemodynamic characteristics associated with obesity in patients with atrial fibrillation. J Am Coll Cardiol., 2012; 60: 851-60.




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