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Les bonnes performances des AINS pour la tocolyse

Publié le 16/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Plusieurs classes de tocolytiques ont été proposées dans la prise en charge de la menace d’accouchement prématuré (MAP) dont l’objectif est de laisser plus de temps pour permettre à une corticothérapie éventuelle d’agir ou pour transférer la patiente dans un centre plus adapté. Certaines molécules se sont montrées plus efficaces que le  placebo pour retarder l’accouchement de 2 à 7 jours mais le bénéfice en terme de pronostic néonatal n’est pas prouvé. Par ailleurs les effets secondaires de ces traitements ont été à l’origine de nombreuses mises en garde et d’une réduction drastique de leur emploi.

Alors que les β2 mimétiques sont les plus utilisés dans cette indication, une méta-analyse poolée a montré récemment que les anti-prostaglandines (principalement l’indométacine) étaient le traitement le plus efficace pour retarder l’accouchement. Une équipe du Royaume-Uni publie les résultats d’une nouvelle méta-analyse, en réseau cette fois, procédé qui offre une estimation des effets relatifs d’une molécule par rapport à chacune des autres testées, même quand une comparaison directe n’a pas été réalisée dans les essais.

Au total 95 essais randomisés contrôlés ont été retenus. En termes d’efficacité, les anti-prostaglandines confirment leur supériorité par rapport au placebo pour retarder de 48 heures l’accouchement (Odds ratio 5,39 ; intervalle de confiance à 95 % : 2,14 à 12,34). Viennent ensuite le sulfate de magnésium (2,76 ; 1,58 à 4,94), les inhibiteurs calciques (2,71 ; 1,17 à 5,91), les β2 mimétiques (2,41 ; 1,27 à 4,55) et enfin un inhibiteur de l’ocytocine, l’atosiban (2,02 ; 1,10 à 3,80).

Les auteurs se sont aussi intéressés aux effets indésirables de ces traitements. Les β2 mimétiques remportent la palme des effets indésirables versus placebo (22,68 ; 7,51 à 73,67), alors que la balance bénéfice-risque la plus favorable par rapport au placebo est obtenue avec les anti-prostaglandines, suivis par les inhibiteurs calciques.

De précédents travaux ont alerté sur le lien possible entre les anti-prostaglandines et la fermeture prématurée du canal artériel. Les auteurs conviennent que les données obtenues dans cette analyse ne permettent pas de préciser ce point et que les obstétriciens limitent ce risque en restreignant l’utilisation de cette classe thérapeutique aux grossesses de moins de 32 semaines. Autre remarque, la multitude de posologies utilisées dans les essais retenus n’a pas permis de stratifier les résultats par doses administrées. Mais d’entrée les auteurs signalaient que l’intérêt d’une méta-analyse en réseau est d’ouvrir des pistes pour de futurs essais…



Dr Roseline Péluchon


Haas DM et coll. : Tocolytic therapy for preterm delivery: systematic review and network meta-analysis. BMJ 2012; 345: e6226


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