Aux États-Unis on estime que la prévalence de l'hépatite
chronique virale C (VHC) dans la population carcérale est comprise
entre 12 et 31 %. Elle est bien plus faible en France, probablement
de 5 % à 7 %...ce qui est tout de même six à huit fois plus élevé
que dans la population générale.
La période d'incarcération offre l’opportunité de mettre en
route le traitement antiviral avec un meilleur accès aux soins et
un contrôle direct de l'administration du traitement.
Une étude américaine à comparé la prise en charge et l’évolution
de 388 patients incarcérés et 521 non incarcérés, atteints d’une
hépatite C et suivis dans un même centre hospitalo-universitaire
entre le 1er janvier 2002 et le 31 décembre 2007. Trois cent
dix-neuf (61,2 %) patients non incarcérés et 234 (60,3 %)
prisonniers ont démarré un traitement associant interféron Pegylé
et ribavirine.
Les prisonniers étaient plus fréquemment des hommes (92 % vs.
65,2 %), des Afro-américains (23,9 % vs. 8,5 %), et avaient
également plus souvent une histoire de consommation d'alcool (59,4
% vs. 45,7 %) et de drogues intraveineuses (67,5 % vs. 44,8 %).
Ils étaient moins souvent infectés par un VHC de génotype 1
(63,4 % vs. 72,3 %), et avaient eu plus rarement un traitement
antérieur contre l'hépatite C (1,3 % vs. 11 %).
En revanche le taux de co-infection VIH/VHC (6,4 % vs. 6 %)
était similaire entre les deux groupes.
La proportion de patients ayant complété le traitement a été
similaire entre les deux groupes.
Une réponse virologique soutenue a été obtenue chez 97 (42,9 %)
prisonniers contre 115 (38 %) des autres patients (P = 0,304).
Une analyse en régression logistique a été réalisée pour
déterminer les facteurs associés à la réponse virologique soutenue,
et le modèle final incluait un traitement complet, un génotype non
1, 1’âge plus jeune au début du traitement et l'absence de
co-infection par le VIH.
Le statut carcéral n'était pas un facteur prédictif significatif
de la réponse virologique lorsqu'il était ajouté à ce modèle (P =
0,075).
L'étude de cette cohorte de patients infectés par le virus de
l'hépatite C, et prise en charge en consultation externe dans un
unique centre hospitalo-universitaire, montre que les patients
incarcérés ont une probabilité de répondre au traitement contre
l'hépatite C équivalente à celle de patients non incarcérés.
Les prisonniers associaient à la fois des facteurs prédictifs
négatifs pour la réponse virologique (plus souvent des hommes, plus
fréquemment des Afro-américain) et des facteurs prédictifs positifs
(moins fréquemment de génotype 1, plus souvent des patients naïfs
de traitement) et au total cette étude conforte l'intérêt de mettre
à profit la période d'incarcération pour tenter d'éradiquer le
virus de l'hépatite C.
Pr Marc Bardou
Rice J P et coll. : Comparison of hepatitis C virus treatment between incarcerated and community patients. Hepatology 2012; 56: 1252-60
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Vos réactions |
Voeux pieux...
Le 18 octobre 2012
Profiter d'une séjour en prison pour traiter l'hépatite C ou pour l'attraper là est la question...
On peut aussi profiter d'un séjour en prison pour faire une thèse de philo ou pour se renseigner sur la fabrication d'explosifs...
Le mieux c'est de tenter de ne pas s'y retrouver, la lumière jaillit rarement des ténèbres... Pour les prisons il faudrait commencer par créer des places permettant de mieux "trier" les délinquants,et empêcher les comportements "anti-sociaux" ou même criminels au sein des établissements. A combien de détenus victimes sexuelles des autres, un seul porteur de virus peut il transmettre sa maladie?
J-F Huet
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