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Le lait et l’IMC des filles

Publié le 18/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’obésité est un problème de santé publique et plus de 60 % des enfants et adolescents en surpoids ou obèse restent obèses à l’âge adulte. Les facteurs en cause sont multiples, le principal est le déséquilibre entre une faible activité physique et des apports nutritionnels inadéquats. Récemment, plusieurs études ont été consacrées à l’effet préventif des laitages avec des résultats contradictoires.

Au Portugal, où plus de 20 % des sujets de 10 à 18 ans sont en surpoids ou obèses, une étude de terrain a été conduite aux Açores, sous l’égide de l’Université de Porto. Au total, 1 001 adolescents (418 garçons) de 15 à 18 ans ont été pesés, mesurés et ont rempli des questionnaires standards sur leur alimentation des 12 derniers mois, comportant 86 items alimentaires, l’activité physique avec un index côté de 5 à 20, le stade pubertaire (d’après Tanner), le tabagisme, le niveau d’étude des parents. Ces différents paramètres ont été pris en compte dans l’étude statistique multifactorielle. La consommation globale de laitages et celle de lait, yaourts et fromages a été évaluée. L’indice de masse corporelle a été calculé et la masse grasse mesurée par impédancemétrie. Ces différents paramètres ont fait l’objet d’une analyse par régression linéaire multiple.

Dans la population étudiée, la prévalence du surpoids et de l’obésité était de 29,2 % chez les garçons et 32,6 % chez les filles. L’activité physique à un seuil de 12,5 points était plus fréquente chez les garçons que chez les filles : 83,7 % contre 50,4 % (P<0,001). Le régime des garçons était plus riche en calories, lipides, calcium et plus pauvre en glucides et fibres que celui des filles (P<0,05). Il n’existait pas de différence pour les protides. La consommation totale de laitages était plus élevée chez les garçons que chez les filles : 2,9 ± 2,5 parts/ jour contre 2,6 ± 1,9 (P=0,004) ainsi que celle de lait : 2 ± 1,7 (P<001). La consommation de yaourts et fromages n’était pas significativement différente.

Après ajustements en fonction de l’âge, du poids de naissance, des apports en calories,  protéines, glucides, fibres, calcium, éducation parentale, stade pubertaire, activité physique, seuls les apports en lait étaient pour les filles, mais non pour les garçons, inversement corrélés à l’IMC et à la masse grasse (IMC filles β=-0,167, P=0,013 ; garçons β=-0,019, P=0,824 – masse grasse filles β =-0,143, P=0,030 ; garçons β=-0,051, P=0,548).

Le mécanisme sous jacent pourrait faire intervenir le calcium qui joue un rôle dans la régulation du métabolisme énergétique ou de peptides bio-actifs. En pratique, cette étude montre que les laitages n’augmentent pas le risque d’obésité.



Pr Jean-Jacques Baudon


Abreu S et coll. : Milk intake is inversely related to body mass index and body fat in girls. Eur J Pediatr., 2012;171: 1467-74


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