L’obésité est un problème de santé publique et plus de 60 % des
enfants et adolescents en surpoids ou obèse restent obèses à l’âge
adulte. Les facteurs en cause sont multiples, le principal est le
déséquilibre entre une faible activité physique et des apports
nutritionnels inadéquats. Récemment, plusieurs études ont été
consacrées à l’effet préventif des laitages avec des résultats
contradictoires.
Au Portugal, où plus de 20 % des sujets de 10 à 18 ans sont en
surpoids ou obèses, une étude de terrain a été conduite aux Açores,
sous l’égide de l’Université de Porto. Au total, 1 001 adolescents
(418 garçons) de 15 à 18 ans ont été pesés, mesurés et ont rempli
des questionnaires standards sur leur alimentation des 12 derniers
mois, comportant 86 items alimentaires, l’activité physique avec un
index côté de 5 à 20, le stade pubertaire (d’après Tanner), le
tabagisme, le niveau d’étude des parents. Ces différents paramètres
ont été pris en compte dans l’étude statistique multifactorielle.
La consommation globale de laitages et celle de lait, yaourts et
fromages a été évaluée. L’indice de masse corporelle a été calculé
et la masse grasse mesurée par impédancemétrie. Ces différents
paramètres ont fait l’objet d’une analyse par régression linéaire
multiple.
Dans la population étudiée, la prévalence du surpoids et de
l’obésité était de 29,2 % chez les garçons et 32,6 % chez les
filles. L’activité physique à un seuil de 12,5 points était plus
fréquente chez les garçons que chez les filles : 83,7 % contre 50,4
% (P<0,001). Le régime des garçons était plus riche en calories,
lipides, calcium et plus pauvre en glucides et fibres que celui des
filles (P<0,05). Il n’existait pas de différence pour les
protides. La consommation totale de laitages était plus élevée chez
les garçons que chez les filles : 2,9 ± 2,5 parts/ jour contre 2,6
± 1,9 (P=0,004) ainsi que celle de lait : 2 ± 1,7 (P<001). La
consommation de yaourts et fromages n’était pas significativement
différente.
Après ajustements en fonction de l’âge, du poids de naissance,
des apports en calories, protéines, glucides, fibres,
calcium, éducation parentale, stade pubertaire, activité physique,
seuls les apports en lait étaient pour les filles, mais non pour
les garçons, inversement corrélés à l’IMC et à la masse grasse (IMC
filles β=-0,167, P=0,013 ; garçons β=-0,019, P=0,824 – masse grasse
filles β =-0,143, P=0,030 ; garçons β=-0,051, P=0,548).
Le mécanisme sous jacent pourrait faire intervenir le calcium
qui joue un rôle dans la régulation du métabolisme énergétique ou
de peptides bio-actifs. En pratique, cette étude montre que les
laitages n’augmentent pas le risque d’obésité.
Pr Jean-Jacques Baudon
Abreu S et coll. : Milk intake is inversely related to body mass index and body fat in girls. Eur J Pediatr., 2012;171: 1467-74
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