> Accueil JIM > Où manque d’énergie et troubles du sommeil annoncent l’arrêt de longue durée

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Où manque d’énergie et troubles du sommeil annoncent l’arrêt de longue durée

Publié le 18/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Dans quelle mesure les symptômes dépressifs, en dehors d’un syndrome constitué, peuvent-ils être annonciateurs d’arrêts maladie de longue durée ?

Pour répondre à cette question, R Rugulies et coll.  ont soumis 10 % des employées du secteur gériatrique au Danemark (soit 6 670 femmes indemnes de dépression et représentatives de leur corporation sur le plan national) à une évaluation par le MDI (Major Depression Inventory) sur 6 mois. La moyenne d’âge était de 46 ± 9,3 ans. Les absences de longue durée (arrêts de 3 semaines et plus) ont été comptabilisées sur une année de suivi. Les facteurs de confusion pris en compte ont été les données sociodémographiques, l’hygiène de vie, le statut de soignant, le nombre d’arrêts de longue durée sur les 12 semaines antérieures à l’inclusion.

Le score MDI global s’est montré prédictif d’arrêts de longue durée. Parmi les signes dépressifs  dont la fréquence était élevée (présents au cours d’un peu plus de la moitié des 15 jours précédents), les plus souvent rencontrés étaient le manque d’énergie et de force (7,7 %), et les troubles du sommeil (5,8 %). Parmi 12 symptômes de dépression, 3 ont été prédictifs d’arrêts de longue durée après ajustement : abattement et tristesse (rapport de risque Hazard Ratio [HR 1,50), manque d’énergie et de force (HR 1,41), troubles du sommeil (HR 1,42).

Les liens entre troubles du sommeil, dépression et arrêts de longue durée sont vraisemblablement complexes. Les troubles du sommeil peuvent être à l’origine d’arrêts pour des motifs somatiques ou psychiatriques. Le repérage et la prise en charge précoces des 2 signes les plus fréquents, prédictifs d’absences de longue durée, pourraient avoir un effet préventif sur les arrêts. Un lien peut également être établi avec des conditions de travail défavorables, elles-mêmes impliquées dans le surmenage et les troubles du sommeil. Les résultats de cette étude ont peut-être été toutefois « sur ajustés », certaines co-variables n’étant pas des facteurs confondants mais des éléments d’une relation de causalité. L’absence d’informations sur d’éventuelles maladies somatiques a gêné l’interprétation des signes dépressifs (dépression sub-clinique ? expression de pathologie somatique ?). De plus les motifs d’arrêt étaient inconnus. Il n’est pas certain que les résultats s’appliquent aux hommes ni aux secteurs professionnels autres que le soin.

Les actions en milieu de travail visant notamment à diminuer les symptômes dépressifs pourraient avoir un effet sur le nombre d’arrêts de longue durée.



Dr Anne Bourdieu


Rugulies R et coll. : To what extent do single symptoms from a depression rating scale predict risk of long-term sickness absence among employees who are free of clinical depression? Int Arch Occup Environ Health., 2012 ; publication avancée en ligne le 23 août.


Vous pouvez lire sur un thème proche :


IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions