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Les métastases ganglionnaires cervicothoraciques des NEM méritent d’être dépistées et traitées

Publié le 18/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les néoplasies endocriniennes multiples (NEM) digestives sont souvent diagnostiquées tardivement, du fait du caractère non spécifique de leurs symptômes. Il arrive aussi que, lors du bilan, on découvre des adénopathies cervicales ou médiastinales, et qu’on les néglige, leur signification clinique étant largement méconnue.

L’attitude, classiquement abstentionniste eu égard à la lenteur d’évolution, est devenue récemment cependant plus agressive et l’on n’hésite plus actuellement à pratiquer une chirurgie de réduction sur des lésions non résécables. Dans le même ordre d’idée des auteurs américains ont suggéré que les métastases ganglionnaires cervicothoraciques (MGCT) devaient être traitées chirurgicalement.

Ils ont revu toutes les scintigraphies à l’octréotide-indium111 pratiquées de 2008 à 2010 chez 161 patients consécutifs porteurs de NEM digestives. Quatorze (8,7 %) avaient des MGCT, dont 2 des lésions bilatérales. Tous avaient auparavant eu une chirurgie de réduction ou d’exérèse de leur lésion principale, accompagnée ou suivie d’un traitement des métastases hépatiques. Neuf de ces 14 patients ont eu une résection de leurs MGCT, avec succès chez 8 (on n’a pu mettre en évidence de ganglion pathologique chez le dernier, l’image se rapportant en fait à une métastase osseuse). Il n’y a eu aucune complication et 8 des 9 malades ont pu quitter l’hôpital à J1 (et un à J2 du fait d’une exploration médiastinale plus étendue).

Les différents symptômes dont se plaignaient les sujets (acouphènes, raucité de la voix, dysgueusie, syndrome carcinoïde avec diarrhée, névralgie cervicobrachiale, compression digestive) ont disparu après l’intervention et même le patient qui avait eu un pontage carotido-sous-clavier un an plus tôt aurait probablement pu l’éviter si les MGCT compressives avaient été réséquées auparavant.

Même si les métastases cervicomédiastinales des NEM ne sont pas souvent un motif de consultation, leur détection puis leur ablation, simple et sûre, améliore des symptômes que les patients ne rapportaient pas à leur maladie.



Dr Jean-Fred Warlin


Wang Yi-Zarn et coll. : Cervical and upper mediastinal lymph node metastasis from gastrointestinal and pancreatic neuroendocrine tumors: true incidence and management.
J Am Col Surg., 2012; 214: 1017-1022.


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