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Etude radioday ou la radiographie des radiographies en unité de soins intensifs

Publié le 18/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les pratiques concernant les prescriptions de radiographie thoracique en unité de soins intensifs (USI) ont évolué : la règle qui prévalait il y a quelques années d’un cliché quotidien pour tous les malades ventilés est de plus en plus délaissée au profit de radiographies faites à la demande.

Une étude prospective observationnelle a été élaborée afin d’évaluer les pratiques actuellement en cours dans 104 USI françaises. L’enquête s’est déroulée un jour ouvré donné, tiré au sort selon une randomisation par bloc entre un lundi, un mardi, un mercredi ou un jeudi, en 2010.

Au total 854 radiographies thoraciques pour 804 patients ont été réalisées (figure 1). Soixante-trois pour cent des services déclarent ne  prescrire une radiographie que selon les besoins, en dehors de certains cas (patients ventilés très hypoxémiques ou présentant un fort risque de barotraumatisme) où le contrôle est quotidien. Trente pour cent des USI demandent systématiquement, en routine, un cliché chez les patients ventilés tous les jours et moins souvent (7 % des services répondeurs, pour la plupart des unités spécialisées dans la prise en charge postopératoire des chirurgies cardiothoraciques), une radiographie de thorax quotidienne est faite pour tous les malades hospitalisés en USI.

L'analyse des 2 protocoles les plus fréquents montre que l’attitude « prescription motivée » aboutit à  moins de radiographies effectuées que l’attitude « prescription systématique » : 0,6 ± 0,3 vs 0,9 ± 0,2 cliché de thorax / patient, respectivement selon le groupe, p <0,001. Ceci met en évidence l’absence d’augmentation des clichés demandés en urgence dans le premier groupe. Dans le groupe « prescription motivée », les radiographies de thorax sont également plus souvent suivies d’un acte thérapeutique (34 %) par comparaison avec le groupe « prescription systématique » (25 %).

Ainsi, 63 % des USI en France ont adopté une stratégie de prescription plus restrictive des radiographies thoraciques, faites à la demande et non plus systématiquement. Pour les auteurs, cette attitude aboutit à une réduction du nombre global de clichés effectués, sans pour autant retarder certains actes diagnostiques ou thérapeutiques. 

 

  Figure. Organigramme de l’étude



Dr Béatrice Jourdain


Lakhal K. et coll : Chest radiographs in 104 French ICUs: current prescription strategies and clinical value (the RadioDay study). Intensive Care Med., 2012 ; publication avancée en ligne le 2 août. DOI 10.1007/s00134-012-2650-9)



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