Les pratiques concernant les prescriptions de radiographie
thoracique en unité de soins intensifs (USI) ont évolué : la règle
qui prévalait il y a quelques années d’un cliché quotidien pour
tous les malades ventilés est de plus en plus délaissée au profit
de radiographies faites à la demande.
Une étude prospective observationnelle a été élaborée afin
d’évaluer les pratiques actuellement en cours dans 104 USI
françaises. L’enquête s’est déroulée un jour ouvré donné, tiré au
sort selon une randomisation par bloc entre un lundi, un mardi, un
mercredi ou un jeudi, en 2010.
Au total 854 radiographies thoraciques pour 804 patients ont été
réalisées (figure 1). Soixante-trois pour cent des services
déclarent ne prescrire une radiographie que selon les
besoins, en dehors de certains cas (patients ventilés très
hypoxémiques ou présentant un fort risque de barotraumatisme) où le
contrôle est quotidien. Trente pour cent des USI demandent
systématiquement, en routine, un cliché chez les patients ventilés
tous les jours et moins souvent (7 % des services répondeurs, pour
la plupart des unités spécialisées dans la prise en charge
postopératoire des chirurgies cardiothoraciques), une radiographie
de thorax quotidienne est faite pour tous les malades hospitalisés
en USI.
L'analyse des 2 protocoles les plus fréquents montre que
l’attitude « prescription motivée » aboutit à moins de
radiographies effectuées que l’attitude « prescription systématique
» : 0,6 ± 0,3 vs 0,9 ± 0,2 cliché de thorax / patient,
respectivement selon le groupe, p <0,001. Ceci met en évidence
l’absence d’augmentation des clichés demandés en urgence dans le
premier groupe. Dans le groupe « prescription motivée », les
radiographies de thorax sont également plus souvent suivies d’un
acte thérapeutique (34 %) par comparaison avec le groupe «
prescription systématique » (25 %).
Ainsi, 63 % des USI en France ont adopté une stratégie de
prescription plus restrictive des radiographies thoraciques, faites
à la demande et non plus systématiquement. Pour les auteurs, cette
attitude aboutit à une réduction du nombre global de clichés
effectués, sans pour autant retarder certains actes diagnostiques
ou thérapeutiques.
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Figure. Organigramme de l’étude
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Dr Béatrice Jourdain
Lakhal K. et coll : Chest radiographs in 104 French ICUs: current prescription strategies and clinical value (the RadioDay study). Intensive Care Med., 2012 ; publication avancée en ligne le 2 août. DOI 10.1007/s00134-012-2650-9)
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