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Classement des hôpitaux : il ne sert à rien de récuser les malades à haut risque pour avoir une meilleure place !

Publié le 19/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Dans le désormais habituel classement des hôpitaux, les résultats opératoires des malades à haut risque (MHR) sont susceptibles de faire baisser le niveau des performances et donc le rang. Il peut donc être tentant pour certains centres et certains praticiens, de récuser les MHR pour améliorer leur place dans les dites classifications. Mais cette façon de « contourner le système » est-elle vraiment rentable ?

C’est ce qu’ont entrepris de vérifier les auteurs américains. Leur travail s’est fondé sur un registre national concernant plus de 1 000 hôpitaux pour la période de 1998 à 2008, et sur six interventions lourdes (œsophagectomie, pancréatectomie, cure d’anévrysme aortique, pontage coronarien, remplacement de valve aortique, et interventions coronariennes par voie percutanée). Il a été tenu compte des pathologies associées, de l’âge, du sexe, et de la race. La mortalité attendue (A) par centre a  été exprimée en fonction de la mortalité moyenne observée (O) des 3 années précédentes (c’est pourquoi les résultats ne sont exploitables qu’à partir de 2001), et le rapport O/A a été calculé. En fonction de ce rapport, les hôpitaux ont été divisés en 5 catégories de même importance notées de 1 à 5. Des simulations ont ensuite été faites (dans un hôpital sur 2 pour avoir des chiffres témoins) en fonction de 6 critères de risque (2 basés sur les pathologies associées, 1 sur l’âge, 1 sur les patients non blancs, 1 sur les non-assurés, et 1 sur les patients qui sont finalement décédés, ce qui suppose qu’on aurait pu les identifier avec certitude avant de les opérer !) ; les 25 % de malades à plus HR dans les 3 premiers groupes et 25 % des malades au hasard dans les 3 autres groupes ont, censément, été récusés. On a alors recalculé les rapports O/A, et on les a comparés avec les chiffres réels des 2 groupes d’hôpitaux.

Sur un total de 223 5298 sujets, la mortalité observée a été de 43 025 (1,9 %). Le rapport O/A n’a nullement été affecté par les simulations, dans 98 % des hôpitaux ;  quant au classement des centres, il est demeuré inchangé dans la grande majorité des cas, et, si 1 à 12 % des centres ont gagné des  places, une proportion similaire a reculé dans le classement après la simulation de récusation.

C’est donc une mauvaise politique que de sélectionner les malades en fonction de leur risque pour afficher des résultats plus flatteurs.



Dr Jean-Fred Warlin


Chang DC et coll. : Can hospitals « game the system » by avoiding high-risk patients ?

J Am Coll Surg., 2012; 215: 80-87



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