Près de 25 % des asthmes de l’adulte sont dus à l’inhalation
d’allergènes professionnels dont font partie les acariens de
stockage. Ils sont souvent en cause chez les ouvriers des fermes et
chez les boulangers.
Le premier cas d’asthme dû à l’acarien Tyrophagus putrescentiae
vient d’être décrit chez un livreur de jambon sec, ayant par
ailleurs une allergie à la crevette.
Cet homme de 43 ans avait passé sa vie à Madrid où la prévalence
de la sensibilisation aux acariens est basse.
Il était employé dans le transport des jambons secs depuis 8 ans
lorsque sont apparus rhino-conjonctivite persistante modérée,
prurit cutané et dyspnée s’aggravant la semaine pour s’améliorer le
week-end et pendant les vacances.
Deux ans plus tard il a présenté 2 épisodes de prurit oral et
d’angio-œdème des lèvres immédiatement après avoir mangé des
crevettes bouillies.
Il mangeait sans problème des céphalopodes, des mollusques et du
jambon sec, celui qu’il livrait y compris.
Les prick-tests cutanés étaient positifs pour
Dermatophagoides pteronyssinus, Dermatophagoides
farinae, Dermatophagoides microceras, Tyrophagus
putrescentiae, Acarus siro, Lepidoglyphus
destructor, Euroglyphus maynei, Blomia
tropicalis et crevette. Ils étaient négatifs pour chat, chien,
moisissures.
Un prick to prick avec le jambon en question était négatif pour
la viande elle-même mais positif pour la croûte du jambon.
Le taux des IgE spécifiques pour T putrescentiae était à 12,5
kUA/L et celui des IgE pour la crevette 3,11 kUA/L alors qu’il n’y
avait pas d’IgE pour rPen a 1 (tropomyosine de la crevette brune),
Penicillium notatum, Aspergillus fumigatus et Alternaria
alternata.
Spirométrie et rhinométrie étaient normales mais le test de
provocation à la métacholine était positif tout comme le test de
provocation bronchique avec un extrait commercial de T
putrescentiae.
L’examen d’un échantillon de jambon a mis en évidence une
importante contamination par des acariens de type
Tyrophagus.
Les dosages d’IgE spécifiques de nPen m 1 (tropomyosine de
la crevette tigre géante) et de nPen i 1 (tropomyosine de la
crevette blanche indienne) étaient positifs.
Des tests in vitro ont montré une réactivité croisée faible
entre T putrescentiae et la crevette.
Des allergènes autres que la tropomyosine pourraient être
impliqués.
Dr Geneviève Démonet
Rodriguez del Rio P et coll. : Occupational Asthma Caused by the Inhalation of Tyrophagus putrescentiae Allergens in a Dry-Cured Ham Transporter Allergic to Shrimp. J Investig Allergol Clin Immunol., 2012; 22: 383-384.
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