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La méthadone diminue de moitié le risque d’infection par le VIH

Publié le 22/10/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La méthadone et la buprénorphine ont été inscrites en 2005 sur la liste des médicaments essentiels de l’OMS. Chez les usagers d’héroïne et autres opiacés illicites, ces traitements de substitution ont montré qu’ils diminuaient la mortalité liées aux drogues, les risques liés aux injections et amélioraient l’observance des traitements antirétroviraux pour les patients infectés par le VIH. Une récente revue Cochrane concluait que les traitements de substitution, en diminuant la fréquence des injections et les échanges de seringues, se traduisaient aussi par une diminution des cas d’infection par le VIH.

Les données quantitatives précises manquent cependant. Une nouvelle analyse de la littérature est parue ces jours-ci, incluant un plus grand nombre de travaux et prenant en compte un certain nombre de données non publiées. Toutes les études analysées ne concernent que la substitution par la méthadone.

Une analyse poolée de 9 de ces études conclut que les traitements de substitution par la méthadone sont associés à une réduction de 54 % du risque d’infection par le VIH chez les usagers de drogues injectables (Risque relatif : 0,46 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,32 à 0,67 ; P< 0,001). Les données ne permettent toutefois pas d’établir si le bénéfice s’accroît avec la durée du traitement de substitution.

L’incidence des infections à VIH continue d’augmenter dans de nombreuses régions du monde chez les usagers de drogues injectables. Les traitements de substitution ne constituent en général qu’une partie d’une prise en charge plus globale de ces patients, incluant un accès facilité aux soins et à des conseils de prévention. Le fait que les traitements de substitution soient associés à une meilleure adhésion aux traitements antirétroviraux pour ceux qui sont infectés, à une meilleure réponse virologique aux traitements, peut aussi avoir comme conséquence de diminuer le risque de transmission.

Les traitements de substitution sont pourtant loin d’être partout disponibles.
Une récente estimation révélait que seulement 6 à 12 % des usagers de drogues injectables à travers le monde avaient accès à ces traitement et les régions où la prévalence de l’infection par le VIH est la plus forte chez ces usagers sont justement celles où l’accès aux traitements est le plus difficile, voire parfois illégal.



Dr Roseline Péluchon


MacArthur GJ et coll. : Opiate substitution treatment and HIV transmission in people who inject drugs: systematic review and meta-analysis. BMJ 2012;345:e5945



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