La méthadone et la buprénorphine ont été inscrites en 2005 sur
la liste des médicaments essentiels de l’OMS. Chez les usagers
d’héroïne et autres opiacés illicites, ces traitements de
substitution ont montré qu’ils diminuaient la mortalité liées aux
drogues, les risques liés aux injections et amélioraient
l’observance des traitements antirétroviraux pour les patients
infectés par le VIH. Une récente revue Cochrane concluait que les
traitements de substitution, en diminuant la fréquence des
injections et les échanges de seringues, se traduisaient aussi par
une diminution des cas d’infection par le VIH.
Les données quantitatives précises manquent cependant. Une
nouvelle analyse de la littérature est parue ces jours-ci, incluant
un plus grand nombre de travaux et prenant en compte un certain
nombre de données non publiées. Toutes les études analysées ne
concernent que la substitution par la méthadone.
Une analyse poolée de 9 de ces études conclut que les
traitements de substitution par la méthadone sont associés à une
réduction de 54 % du risque d’infection par le VIH chez les usagers
de drogues injectables (Risque relatif : 0,46 ; intervalle de
confiance à 95 % : 0,32 à 0,67 ; P< 0,001). Les données ne
permettent toutefois pas d’établir si le bénéfice s’accroît avec la
durée du traitement de substitution.
L’incidence des infections à VIH continue d’augmenter dans de
nombreuses régions du monde chez les usagers de drogues
injectables. Les traitements de substitution ne constituent en
général qu’une partie d’une prise en charge plus globale de ces
patients, incluant un accès facilité aux soins et à des conseils de
prévention. Le fait que les traitements de substitution soient
associés à une meilleure adhésion aux traitements antirétroviraux
pour ceux qui sont infectés, à une meilleure réponse virologique
aux traitements, peut aussi avoir comme conséquence de diminuer le
risque de transmission.
Les traitements de substitution sont pourtant loin d’être
partout disponibles.
Une récente estimation révélait que seulement 6 à 12 % des usagers
de drogues injectables à travers le monde avaient accès à ces
traitement et les régions où la prévalence de l’infection par le
VIH est la plus forte chez ces usagers sont justement celles où
l’accès aux traitements est le plus difficile, voire parfois
illégal.
Dr Roseline Péluchon
MacArthur GJ et coll. : Opiate substitution treatment and HIV transmission in people who inject drugs: systematic review and meta-analysis. BMJ 2012;345:e5945
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Une alternative aux salles d'injection
Le 23 octobre 2012
En place de créer des salles d'injections avec engagement de personnel, ce qui aura un coût, ne peut-on proposer aux toxicomanes de venir dans les dispensaires et services spécialisés existants et fonctionnels pour pratiquer leurs injections?
Lucien Duclaud
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