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Combien de nez pleins de staphylocoques dans un congrès d’infectiologie ?

Publié le 22/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les chiffres du staphylocoque doré (SA) sont impressionnants : il est implique dans 48,6 % des infections de prothèses de hanche, 43,7 % des infections après pontage coronaire, presque 20 % de l’ensemble des infections post-opératoires. Les infections nosocomiales à SA représentent un véritable problème de santé publique chez les plus de 75 ans, pour lesquels elles sont une cause notoire de surmortalité et de séjours hospitaliers prolongés (2,5 fois, Intervalle de confiance à 95 % : 2,0-3,1), avec un coût estimé à 4 000 $ par patient aux USA. On sait aussi que le portage de SAMS (sensibles à la méticilline) augmente de près de 9 % le risque d’infection postopératoire en orthopédie ou en chirurgie cardiaque. Quoi d’étonnant, dans ces conditions, que le dépistage du portage nasal des SA, résistants (R) ou S à la méticilline, chez les soignants au contact de patients fragiles soit une question récurrente ?

Pour évaluer l’état du portage chez les soignants en infectiologie, D Boisseau et coll., au nom de la SPILF (Société de pathologie infectieuse de langue française), ont recruté leur population d’étude sur une base de volontariat au cours du congrès annuel 2010 de leur société, les JNI (Journées Nationales d'Infectiologie). Un double écouvillonnage nasal anonyme puis une analyse par technique PCR (test GeneXpert MRSA/SA nasal) étaient réalisés et un questionnaire distribué. Les résultats, eux aussi anonymes, étaient disponibles une heure plus tard. Cent cinquante deux questionnaires ont été retenus ; 4 participants (2,4 %) ont été dépistés positifs pour le SAMR et 52 (34,2 %) pour le SAMS. Ni le sexe, ni la nature de l’activité clinique, ni la taille de l’hôpital n’influaient sur le portage. Des données qui, pour les auteurs, révèlent une prévalence française comparable aux autres européens, au moins pour le SAMS.

Rien d’extraordinaire ou de franchement inattendu, finalement, dans cette enquête, qui montre des taux de portage de SAMS inférieurs à ceux rapportés aux Etats-Unis ou dans des pays comme le Pakistan –et encore plus pour le SAMR, aux alentours de 15 % dans les deux pays cités, mais pour lesquels on reconnaîtra que l’échantillon de la SPILF est un peu faible. Notons quand même que les microbiologistes, avec 9/21 MSSA et 0/21MRSA, apparaissaient un peu plus souvent contaminés. Pour les auteurs, cela pose question : on sait par exemple que la diffusion dans l’air des SA diminue quand le praticien porte gants et masque, ou a contrario augmente en cas de rhume ou de rhinite allergique ; mais quid de la volatilité bactérienne d’un écouvillon, et le biologiste qui « screene » un SA devrait-il porter une protection ?



Dr Jack Breuil


Boisseau D et coll. : Staphylococcus aureus nasal carriage during the infectious diseaes national congress in France. Médecine et Maladies Infectieuses 2012 ; 42 : 435-439.




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