Les chiffres du staphylocoque doré (SA) sont impressionnants :
il est implique dans 48,6 % des infections de prothèses de hanche,
43,7 % des infections après pontage coronaire, presque 20 % de
l’ensemble des infections post-opératoires. Les infections
nosocomiales à SA représentent un véritable problème de santé
publique chez les plus de 75 ans, pour lesquels elles sont une
cause notoire de surmortalité et de séjours hospitaliers prolongés
(2,5 fois, Intervalle de confiance à 95 % : 2,0-3,1), avec un coût
estimé à 4 000 $ par patient aux USA. On sait aussi que le portage
de SAMS (sensibles à la méticilline) augmente de près de 9 % le
risque d’infection postopératoire en orthopédie ou en chirurgie
cardiaque. Quoi d’étonnant, dans ces conditions, que le dépistage
du portage nasal des SA, résistants (R) ou S à la méticilline, chez
les soignants au contact de patients fragiles soit une question
récurrente ?
Pour évaluer l’état du portage chez les soignants en
infectiologie, D Boisseau et coll., au nom de la SPILF (Société de
pathologie infectieuse de langue française), ont recruté leur
population d’étude sur une base de volontariat au cours du congrès
annuel 2010 de leur société, les JNI (Journées Nationales
d'Infectiologie). Un double écouvillonnage nasal anonyme puis une
analyse par technique PCR (test GeneXpert MRSA/SA nasal) étaient
réalisés et un questionnaire distribué. Les résultats, eux aussi
anonymes, étaient disponibles une heure plus tard. Cent cinquante
deux questionnaires ont été retenus ; 4 participants (2,4 %) ont
été dépistés positifs pour le SAMR et 52 (34,2 %) pour le SAMS. Ni
le sexe, ni la nature de l’activité clinique, ni la taille de
l’hôpital n’influaient sur le portage. Des données qui, pour les
auteurs, révèlent une prévalence française comparable aux autres
européens, au moins pour le SAMS.
Rien d’extraordinaire ou de franchement inattendu, finalement,
dans cette enquête, qui montre des taux de portage de SAMS
inférieurs à ceux rapportés aux Etats-Unis ou dans des pays comme
le Pakistan –et encore plus pour le SAMR, aux alentours de 15 %
dans les deux pays cités, mais pour lesquels on reconnaîtra que
l’échantillon de la SPILF est un peu faible. Notons quand même que
les microbiologistes, avec 9/21 MSSA et 0/21MRSA, apparaissaient un
peu plus souvent contaminés. Pour les auteurs, cela pose question :
on sait par exemple que la diffusion dans l’air des SA diminue
quand le praticien porte gants et masque, ou a contrario augmente
en cas de rhume ou de rhinite allergique ; mais quid de la
volatilité bactérienne d’un écouvillon, et le biologiste qui «
screene » un SA devrait-il porter une protection ?
Dr Jack Breuil
Boisseau D et coll. : Staphylococcus aureus nasal carriage during the infectious diseaes national congress in France. Médecine et Maladies Infectieuses 2012 ; 42 : 435-439.
Vous pouvez lire sur un thème proche
:
Copyright © http://www.jim.fr
 |
Vos réactions |