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Une allergie alimentaire si et seulement si…

Publié le 23/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La prise d’AINS ou d’alcool, mais aussi l’exercice physique, sont classiquement considérés comme des facteurs favorisant les réactions d’allergie alimentaire.

Une étude rétrospective menée en Espagne décrit 74 cas d’allergies alimentaires survenues en présence d’un co-facteur.

Les patients, âgés de 27 à 42 ans, avaient déjà présenté des réactions allergiques alimentaires dans 82,4 % des cas : urticaire pour la grande majorité (82,4 %) et anaphylaxie pour seulement 17,6 %.

Tout au contraire, en présence d’un co-facteur, l’anaphylaxie était au-devant de la scène (85,1 %) sans association entre la réaction clinique, le type de co-facteur ou l’aliment en cause.

Dans tous les cas sauf un, l’aliment responsable était un légume, un fruit ou une céréale.

La prise d’AINS (dans les 2 heures avant l’accident) était notée dans 58 % des cas, la pratique d’un exercice physique dans 52,7 % et la consommation d’alcool dans 12,2 %. Plusieurs facteurs étaient associés dans 15 réactions.

L’allergène le plus souvent en cause était  Pru p 3 : chez 55 patients sur 60 (91,7 % des cas). L’ω-5-gliadine était responsable pour 12 patients et Act d 2 du kiwi pour 5 autres.

Lorsqu’un AINS était concerné, et si le patient n’avait pas repris la molécule depuis lors, un test de provocation oral (TPO) contre placebo a été pratiqué : les 24 tests réalisés avec des AINS ont été négatifs.

Des TPO ont par ailleurs été pratiqués en ouvert avec l’aliment en cause mais en l’absence du co-facteur : 10 des 12 patients testés ont toléré l’aliment et 2 autres ont présenté un syndrome oral d’allergie confirmé par un test en double aveugle contre placebo.

Sept patients ont refusé le TPO.

Parmi les 55 derniers patients, 49 (soit 66,2 %) ont signalé une bonne tolérance à l’aliment et 6 autres un léger syndrome oral qui ne les empêchait pas de consommer l’aliment.

Le mécanisme d’action des co-facteurs de l’allergie alimentaire est peu connu. Il met probablement en jeu la barrière épithéliale.

Des études prospectives sont maintenant nécessaires tout comme l’examen du rôle d’autres co-facteurs potentiels (maladie, fatigue, stress, menstruation…).



Dr Geneviève Démonet


Cardona V et coll. : Co-factor-enhanced food allergy. Allergy 2012; 67: 1316-1318




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