La prise d’AINS ou d’alcool, mais aussi l’exercice physique,
sont classiquement considérés comme des facteurs favorisant les
réactions d’allergie alimentaire.
Une étude rétrospective menée en Espagne décrit 74 cas
d’allergies alimentaires survenues en présence d’un co-facteur.
Les patients, âgés de 27 à 42 ans, avaient déjà présenté des
réactions allergiques alimentaires dans 82,4 % des cas : urticaire
pour la grande majorité (82,4 %) et anaphylaxie pour seulement 17,6
%.
Tout au contraire, en présence d’un co-facteur, l’anaphylaxie
était au-devant de la scène (85,1 %) sans association entre la
réaction clinique, le type de co-facteur ou l’aliment en cause.
Dans tous les cas sauf un, l’aliment responsable était un
légume, un fruit ou une céréale.
La prise d’AINS (dans les 2 heures avant l’accident) était notée
dans 58 % des cas, la pratique d’un exercice physique dans 52,7 %
et la consommation d’alcool dans 12,2 %. Plusieurs facteurs étaient
associés dans 15 réactions.
L’allergène le plus souvent en cause était Pru p 3 : chez
55 patients sur 60 (91,7 % des cas). L’ω-5-gliadine était
responsable pour 12 patients et Act d 2 du kiwi pour 5 autres.
Lorsqu’un AINS était concerné, et si le patient n’avait pas
repris la molécule depuis lors, un test de provocation oral (TPO)
contre placebo a été pratiqué : les 24 tests réalisés avec des AINS
ont été négatifs.
Des TPO ont par ailleurs été pratiqués en ouvert avec l’aliment
en cause mais en l’absence du co-facteur : 10 des 12 patients
testés ont toléré l’aliment et 2 autres ont présenté un syndrome
oral d’allergie confirmé par un test en double aveugle contre
placebo.
Sept patients ont refusé le TPO.
Parmi les 55 derniers patients, 49 (soit 66,2 %) ont signalé une
bonne tolérance à l’aliment et 6 autres un léger syndrome oral qui
ne les empêchait pas de consommer l’aliment.
Le mécanisme d’action des co-facteurs de l’allergie alimentaire
est peu connu. Il met probablement en jeu la barrière
épithéliale.
Des études prospectives sont maintenant nécessaires tout comme
l’examen du rôle d’autres co-facteurs potentiels (maladie, fatigue,
stress, menstruation…).
Dr Geneviève Démonet
Cardona V et coll. : Co-factor-enhanced food allergy. Allergy 2012; 67: 1316-1318
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