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Ciclosporine ou infliximab pour les poussées aiguës de RCH résistant aux corticoïdes, à vous de choisir

Publié le 23/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

En cas de résistance à la corticothérapie systémique, deux médicaments « de secours » peuvent être proposés dans la rectocolite ulcéro-hémorragique (RCH) pour éviter la colectomie : ce sont la ciclosporine et l'infliximab.

Une étude européenne a comparé l'efficacité et la sécurité de ces deux molécules utilisées  dans cette indication.

Il s'est agi d'une étude randomisée, contrôlée, ouverte en deux bras parallèles, dans laquelle, pour être inclus, les patients devaient avoir au moins 18 ans, être victimes d’une poussée aiguë sévère de RCH définie par un score de Lichtiger > 10 (pour mémoire, le score de Lichtiger est un score clinique, composé de huit facteurs, qui varie de zéro à 21), et avoir eu une corticothérapie par voie intraveineuse n'ayant pas permis d'obtenir une réponse thérapeutique suffisante.

Aucun des malades n'avait reçu antérieurement de ciclosporine ou d'infliximab.

Les patients, pris en charge dans 27 centres européens, inclus entre juin 2007 et août 2010 ont été randomisés, dans un rapport 1:1, pour recevoir soit de la ciclosporine par voie intraveineuse (2 mg/kg par jour pour une semaine, suivi d'un traitement par voie orale, 2 mg/kg matin et soir, jusqu'au jour 98), soit de l'infliximab (5 mg/kg aux jours 0, 14 et 42).

Dans les deux groupes, l'azathioprine était débutée au septième jour en cas de réponse clinique.

Ni les malades, ni les investigateurs n'étaient aveugles sur la nature du traitement reçu.

Le critère de jugement principal était l'échec du traitement défini par l'absence de réponse clinique à J7, une rechute entre J7 et J98, une absence de rémission sans corticoïdes à J 98, un événement indésirable sévère justifiant l'interruption du traitement, une colectomie et la survenue d'un décès.

L'analyse a été réalisée en intention de traiter.

Cent quinze patients ont été randomisés dans cette étude, 58 pour recevoir de la ciclosporine, 57 de l'infliximab. Un échec a été constaté chez 35 (60 %) des patients sous ciclosporine et 31 (54 %) de ceux recevant de l'infliximab, soit une différence de risque absolu de 6 % (Intervalle de confiance à 95 % : -7 % à + 19 %, p = 0,52).

Un patient dans chaque groupe a dû être colectomisé, les types d’échecs se répartissant à peu près équitablement entre l'absence de rémission clinique à J7, une rechute entre J7 et J 98, et l'absence de rémission sans corticoïdes à J98.

Il faut noter que les populations n’étaient pas exactement comparables dans les groupes ciclosporine (C) ou Infliximab (I), même si les différences ne sont pas significatives en raison d’effectifs assez réduits. En effet les différences concernant la durée de la maladie (2,4 ans et 1,0 ans pour C et I respectivement), le fait que ce soit une première poussée (17 % et 28 %, C et I respectivement) et le score de gravité ≥ 14 (21 % et 37 % pour C et I respectivement) suggèrent un déséquilibre, sans qu’il soit possible d’en préciser l’influence sur la réponse au traitement.

Un événement indésirable sévère est survenu chez neuf (16 %) patients du groupe ciclosporine et 14 (25 %) des patients du groupe infliximab.

Cette étude suggère donc que la ciclosporine n'est pas plus efficace que l'infliximab chez les patients ayant une poussée aiguë sévère de RCH résistante à la corticothérapie par voie intraveineuse. Les auteurs de ce travail concluent qu'en pratique clinique, le choix du traitement doit être le décidé en fonction de l'expérience du centre et du clinicien…



Pr Marc Bardou


Laharie D et coll. Ciclosporin versus infl iximab in patients with severe ulcerative colitis refractory to intravenous steroids: a parallel, open-label randomised controlled trial. Lancet 2012 ; publication avancée en ligne le 9 octobre. doi: 10.1016/S0140-6736(12)61084-8.




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