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Hypotension dans un quart des cas après une intubation en urgence

Publié le 23/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’hypotension artérielle est une complication reconnue des intubations suivies de ventilation assistée. Les mécanismes en cause sont multiples et les conséquences mal évaluées. Une étude rétrospective, réalisée dans un service d’urgences, a examiné l'incidence de ce phénomène après intubation dans un contexte aigu, ainsi que son association éventuelle avec la mortalité hospitalière.

Les patients étudiés ne devaient pas être hypotendus avant l'intubation, ni recevoir d’amines vasopressives. Les malades intubés avant leur arrivée aux urgences ou en post arrêt cardiaque ont également été exclus de l’analyse. Dans cette unité, la plupart des intubations se fait sous étomidate et succinylcholine. L’hypotension post-intubation a été définie comme une pression artérielle systolique inférieure à 90 mmHg par mesure non-invasive au cours des 60 minutes suivant le geste. Le critère de jugement principal était la mortalité hospitalière et parmi les survivants, les durées de séjour en soins intensifs et à l’hôpital ont été relevées.

Sur les 465 patients ayant subi une intubation en urgence sur la durée de l’étude (un an), 336 ont satisfait les critères d'inclusion et leurs dossiers ont été analysés. Une hypotension après l’intubation s'est produite chez 79 (23 %) patients. Ceux-ci étaient en moyenne légèrement plus âgés et avec plus de comorbidités que les malades sans hypotension. Le délai médian d’apparition de la baisse de pression artérielle après l’intubation a été de 11 minutes (intervalle interquartile de 2 à 27 minutes).

Les malades hypotendus ont une mortalité hospitalière significativement plus élevé par rapport au reste des sujets : 33 % vs 21 %, soit une différence de 12 %  (intervalle de confiance à 95 % de 1 % à 23 %). La durée moyenne du séjour en soins intensifs est plus longue dans le groupe avec hypotension  de 9,7 jours par rapport à 5,9 jours  (p<0,01). Il est observé le même phénomène sur la durée de séjour hospitalière : de 17,0 jours dans le groupe avec hypotension artérielle contre 11,4 jours pour les autres patients (p<0,01). L’existence d’une hypotension après l'intubation demeure un facteur prédictif important de la mortalité hospitalière après ajustement pour les facteurs confondants, comme l’âge, l’existence d’une dysfonction ventriculaire gauche ou d’une insuffisance respiratoire chronique et analyse par régression logistique multivariée : l’odds ratio est de 1,9 (intervalle de confiance à 95 % de 1,1 à 3,5).

Ainsi, dans cette étude, une hypotension artérielle systolique se produit  dans environ 25 % des intubations réalisées en urgence et est indépendamment associée à une augmentation
de la mortalité et des durées d’hospitalisation.



Dr Béatrice Jourdain


Heffner A. et coll. : Frequency and significance of postintubation hypotension during emergency airway management. Journal of Critical Care 2012; 27: e9–417.e13



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