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Trouble explosif intermittent en Irak

Publié le 24/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Depuis 1980 (avec la Première Guerre du Golfe menée contre l’Iran, et qui se solda par « un million de morts et des centaines de milliers de blessés », au terme d’une guerre de tranchées de huit ans), l’Irak vit en situation de conflits, soit ouverts et militaires (Seconde Guerre du Golfe, après l’invasion du Koweït, en 1990) soit larvés et civils (avec une menace chronique d’attentats terroristes). Dans ces conditions, on peut concevoir l’incidence psychique de ces trente années terribles, et rechercher notamment, comme le font des psychiatres irakiens eux-mêmes dans Acta Psychiatrica Scandinavica, la « prévalence du trouble explosif intermittent »[1] (TEI) en Irak.

Caractérisé par des « explosions de colère » disproportionnées et des réactions inappropriées à des situations déclenchantes, il s’agit d’un trouble du comportement (sur l’axe I du DSM-IV-TR qu’il partage avec d’autres troubles du contrôle de l’impulsivité comme la pyromanie ou les addictions aux jeux), encore peu connu en dehors des États-Unis où sa prévalence vie-entière [2] serait d’environ 4 à 7 % chez les sujets de plus de 18 ans et où chaque cas coûterait en moyenne 1 360 dollars en « dommages à la propriété. »

En fait, notent les auteurs, « aucune recherche antérieure ne semble avoir examiné la prévalence et les caractéristiques de ce TEI en dehors des États-Unis. » Le constat surprenant de cette étude explorant donc pour la première fois la prévalence du TEI dans un autre pays, c’est que celle-ci est, avec une prévalence vie-entière de 1,7 %, « moindre en Irak qu’aux États-Unis », malgré « l’exposition générale à la guerre, au terrorisme et à la violence. » On peut se demander si ce contexte trouble constitue paradoxalement une sorte d’exutoire pour des pulsions violentes se cristallisant ailleurs dans une pathologie comme le TEI ? Mais bien que la prévalence du TEI soit plus faible en Irak, les auteurs observent un âge moyen d’apparition plus précoce (18,5 ans), une tendance à la persistance, une association avec d’autres troubles (en particulier anxio-dépressifs), et un retentissement important sur l’existence. Déplorant le « manque de politiques visant à réduire l’agressivité » dans leur pays, les psychiatres irakiens soulignent donc « l’importance de programmes de prévention de la violence, afin d’y réduire le fardeau sociétal de la violence. »

 

[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_explosif_intermittent
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9valence



Dr Alain Cohen


A. Al-Hamzawi et coll. : The prevalence and correlates of intermittent explosive disorder in Iraq. Acta Psychiatrica Scandinavica 2012; 126: 219–228.



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