Le rétrécissement aortique calcifié (RAC) est une pathologie
fréquente, notamment chez les sujets âgés. Sa physiopathologie ne
serait pas dégénérative mais pourrait impliquer les voies de
l’inflammation, les lipides voire les ostéoblastes.
Les études les plus récentes ont cependant toutes échoué à
démontrer le moindre bénéfice des statines sur l’évolution du
RAC.
Une équipe canadienne a souhaité s’intéresser au rôle potentiel
du syndrome métabolique (SM) dans l’évolution du RAC.
Pour ce faire, ils ont revu les données de l’étude ASTRONOMER (n
: 243) qui avait eu pour objectif de tester prospectivement la
rosuvastatine dans le RAC. Une quantification annuelle du RAC était
réalisée au doppler (pic systolique), le recul étant de 3 ans et
demi.
Il ressort qu’une évolution plus rapide du RAC a été observée
chez les patients ayant un SM (+0,25 ± 0,21 m/sec/an versus +0,19 ±
0,19 m/sec/an ; p : 0,03).
Les analyses multivariées ont indiqué que les marqueurs
prédictifs indépendants d’évolution rapide du RAC étaient : l’âge
(p : 0,01), le haut de gré de calcifications valvulaires (p :
0,01), le caractère serré du RAC (p : 0,007) et le SM (p :
0,05).
L’impact du SM sur la vitesse d’évolution du RAC était
particulièrement marquée chez les patients plutôt jeunes (< 57
ans), avec une rapidité d’évolution quasi doublée en cas de SM
(+0,24 ± 0,19 m/sec/an versus +0,13 ± 0,18 m/sec/an en l’absence de
SM ; p : 0,008), de même que chez les patients traités par statine
(+0,27 ± 0,23 m/sec/an versus + 0,19 ± 0,18 m/sec/an ; p :
0,045).
Cette étude suggère donc que le SM serait un facteur de risque
indépendant d’évolution rapide du RAC, particulièrement chez les
sujets « jeunes ».
A confirmer.
Dr Olivier Meillard
Capoulade R et coll. : Impact of metabolic syndrome on progression of aortic stenosis
J Am Coll Cardiol., 2012; 60: 216-23
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