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Alimentation des prématurés avant et après la sortie de l’hôpital : quelle est la bonne formule ?

Publié le 25/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les besoins nutritionnels et la physiologie digestive des prématurés, variables avec le terme, sont de mieux en mieux connus. La qualité de la croissance immédiate et ultérieure et l’impact de la nutrition sur l’avenir intellectuel, et les risques cardiovasculaires à l’âge adulte n’en demeurent pas moins des sujets de préoccupation. L’adéquation avec les besoins des enfants, des laits de femme provenant de lactarium, des laits pour prématurés et des laits pour petits poids de naissance pose des problèmes théoriques et pratiques.

Une équipe australienne fait le point sur ce sujet qui intéresse non seulement les néonatologistes mais aussi tous les praticiens qui suivent les enfants. Les besoins varient avec le degré de prématurité, l’âge, la tolérance digestive et le degré de retard de croissance intra-utérine et post-natale. Le but est de viser dans un premier temps une croissance équivalente à celle du 3ème trimestre de la grossesse mais cette cible est d’autant plus difficile à obtenir que le poids de naissance est petit. D’autre part, la prise de poids du fœtus varie au milieu de ce 3ème trimestre de 15-20 g/kg/j à 10 g/kg prés du terme. La répartition est aussi différente : un fœtus d’un kg a 80 % d’eau, 8 % de protéines, 8 % de lipides. A terme, les proportions sont de 60 % d’eau, 20 % de graisse. Il est pratiquement impossible d’obtenir une croissance équivalente chez les prématurés. Ceux-ci sortent souvent avec un retard de croissance en poids, taille et périmètre crânien d’autant plus important que le temps de gestation a été raccourci. Les besoins chez les plus petits, une fois à terme corrigé, sont encore augmentés. D’autre part, les capacités d’absorption sont relativement limitées mais l’immaturité digestive porte surtout sur la motricité. Les besoins des plus petits poids atteignent 140 cal/kg, en protéines 3,2 à 3,6 g/100 Kcal  avec des besoins particuliers en cystéine et taurine dont la synthèse est insuffisante. Les protéines solubles doivent prédominer pour faciliter l’évacuation gastrique. Les lipides sont constitués d’acides gras poly-insaturés et de triglycérides à chaines moyennes et les glucides de lactose et de polymères du glucose. Des suppléments en calcium, phosphore, zinc doivent être assurés.

Dans tous les cas, le lait de la mère, ou à défaut le lait du lactarium pour les plus petits, constitue la meilleure option pour la protection anti-infectieuse, l’amélioration du transit et la prévention de l’entérocolite ulcéro-nécosante. L’importance des besoins explique la nécessité de supplémentation de ce lait, en particulier en protides. A défaut, les laits pour prématurés sont des formules spécifiquement adaptées dont la teneur en calories atteint 80-82 Kcal% avec des apports en protéines, lipides, oligo-éléments répondant aux besoins. Ces formules sont habituellement poursuivies jusqu’à 37 semaines d’âge gestationnel corrigé. Les laits pour petits poids de naissance sont des formules intermédiaires apportant 72-74 Kcal% et 1,3-1,5 g% de protides contre 67 et 1,3-1,5g pour les laits courants. Ils sont recommandés en cas de retard de croissance persistant.

Au total, ces règles diététiques sont capitales pour assurer une croissance à long terme et prévenir les complications neuro-développementales.



Pr Jean-Jacques Baudon


Tudehope DI et coll. : Infant formulas for preterm infants: in-hospital and post-discharge.
J Pediatr Child Health 2012; 48: 768-76


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