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Déficit cognitif après un séjour en réanimation : difficile a prévoir

Publié le 25/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les patients survivant à un séjour en réanimation présentent fréquemment des déficits cognitifs, persistants parfois de façon très prolongée. Les études sur ces complications restent assez peu nombreuses.

En particulier, l’intérêt des bilans neuropsychologiques dans la prévision de séquelles à long terme n’est pas établi.

Une étude prospective a examiné si deux tests de repérage des troubles cognitifs, le Mini-Mental State (MMS) et le Mini-Cog, effectués à la sortie de l'hôpital permettaient de prédire le déficit cognitif à 6 mois.

Les malades, âgés de 18 à 85 ans, ventilés au moins 48 heures, ont été recrutés dans le service des traumatisés et l’unité de soins intensifs respiratoire de l’hôpital de Salt Lake City. Les critères d’exclusion regroupent les causes neurologiques d’admission en soins intensifs ou la préexistence de troubles psychiatriques ou d’une atteinte neurologique,  ainsi que certaines comorbidités connues pour s’associer à un déficit cognitif (chirurgie cardiaque pour pontages coronariens ou insuffisance rénale chronique par exemple).

Soixante-dix malades survivants sont inclus et ont réalisé un MMS et un Mini-Cog avant leur sortie. Parmi ces 70 patients, 10 décèdent dans les 6 mois suivant leur sortie, 3 ont refusé le bilan de suivi et 4 sont restés injoignables. Ainsi, 53 patients (76 %) ont été disponibles pour le suivi à 6 mois et pour effectuer de nouveaux tests neuropsychologiques.

Le jour de leur sortie, 45 patients (64 %) avaient des performances altérées au MMS (score<27, moyenne de 24,4) et 32 (45 %) présentaient un déficit cognitif selon le Mini-Cog. Vingt-sept patients (39 %) ont un score diminué aux 2 examens et seulement 20 patients (28 %) ont obtenu des scores dans la fourchette normale pour les deux tests. A 6 mois, des séquelles cognitives sont observées chez 57 % des survivants (30 sur 53), liées à un dysfonctionnement prédominant de la mémoire (38 %) et dans le domaine exécutif (36 %). L’analyse par régression logistique montre que ni le MMS, ni le Mini-Cog  ne permettent de prédire ces complications à long terme. La sensibilité du MMS à la sortie de l’hôpital n’est ainsi que de 60 % pour une spécificité de 35 %. Les valeurs opérationnelles du Mini-Cog sont tout aussi médiocres.

Ces résultats montrent qu’un grand nombre des survivants après un séjour en soins intensifs ont une déficience cognitive à la fin de l’hospitalisation, qu’elle soit évaluée par le MMS ou par le Mini-Cog.

Cependant, les scores obtenus à l’un de ces 2 tests ne permettent pas de prévoir les séquelles cognitives à 6 mois et ne peuvent donc pas être utilisés comme des outils de repérage pour une évaluation des troubles cognitifs plus à long terme.



Dr Béatrice Jourdain


Woon F et coll. : Predicting Cognitive Sequelae in Survivors of Critical Illness with Cognitive Screening Tests. Am J Respir Crit Care Med., 2012 ; 186: 333–340.



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