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Bactéries et virus ont des rapports complexes dans les otites récidivantes

Publié le 26/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les virus respiratoires sont la cause d’otites aiguës mais ils peuvent aussi faciliter la migration des bactéries par la trompe d’Eustache et leur réplication dans l’oreille moyenne. Par exemple, une synergie entre pneumocoques et virus respiratoire syncitial ou influenza A, a été décrite. Les mécanismes possibles sont l’augmentation de l’adhésion bactérienne dans le nasopharynx, les exsudats séreux et la réduction de l’activité ciliaire dans la trompe. Les deux types d’agent jouent un rôle dans l’inflammation des otites chroniques (OC) ou récidivantes (OR) mais leur contribution respective est mal connue.

Pour éclaircir ce rôle, des auteurs néerlandais ont pratiqué des prélèvements des épanchements de l’oreille moyenne à l’occasion de la pose d’aérateurs transtympaniques chez 116 enfants de moins de 5 ans, atteints d’OC ou d’OR. Les bactéries, S pneumoniae, Haemophilus influenzae, Moraxella catarrhalis ont été recherchées par culture et PCR quantitative et 15 virus par PCR semi-quantitative. Les concentrations des cytokines, médiateurs de l’inflammation, IL-1β, IL-6, IL-8, IL-10, IL-17a et TNF-α ont été déterminées.

Le nombre de pathogènes trouvés n’était pas dépendant du volume ni de la consistance du prélèvement. Sur les 116 patients, 32 (28 %) n’étaient porteurs que de virus, 31 (27 %) que de bactéries, 31 avaient les deux mais 22 (19 %) n’avaient aucun oto-pathogène. Les enfants de moins de 2 ans (n=19) étaient plus souvent co-infectés. Parmi les virus, les rhinovirus étaient les plus fréquents (n=53 ; 44 %), suivis des entérovirus (n=9 ; 8 %) et des coronavirus (4 ; 3 %). Les bactéries détectées par PCR étaient H influenzae (43 ; 37 %), M catarrhalis (32 ; 25 %) et S pneumoniae (9 ; 8 %). Les taux de toutes les cytokines étaient toujours élevés lorsque une bactérie était détectée en comparaison des échantillons négatifs (P<0,001), que la bactérie soit isolée ou en co-infection virale. A l’inverse, les taux dans les prélèvements avec uniquement un virus n’étaient pas différents de ceux des prélèvements sans pathogène. L’isolement des bactéries par culture, beaucoup plus rare que par PCR, ne modifiait pas les résultats des taux de cytokines. Ceux-ci étaient corrélés à la charge bactérienne et la détection d’H influenzae déterminait des taux plus élevés d’IL-1β, IL-6, IL-8, IL-10 que celle de M catarrhalis.

L’ensemble de ces résultats suggère un rôle direct des bactéries dans la réponse cytokinique.

Ces examens pourraient aider à guider le traitement des patients qui risquent de développer des complications.



Pr Jean-Jacques Baudon


Stol K et coll. : Inflammation in the middle ear of children with recurrent or chronic otitis media is associated with bacterial load. Pediatr Infect Dis J. 2012; 31:1128-34




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