Une revue Cochrane récente est consacrée au traitement de
l’alopécie androgénétique féminine qui est probablement l’alopécie
acquise la plus fréquente chez la femme. Elle se caractérise par
une perte de cheveux progressive et diffuse assez différente de
celle qui prévaut chez l’homme où l’alopécie est localisée aux
régions temporales et au sommet du vertex. La ligne frontale peut
ou non être respectée.
Cette alopécie s’accompagne d’une miniaturisation des follicules
pileux conduisant à l’apparition d’un duvet.
Vingt-deux essais randomisés contrôlés ayant évalué différents
traitements ont été retenus par le groupe Cochrane : ils ont inclus
au total 2 349 patientes. Parmi ces études, 10 concernaient
l’utilisation du minoxidil topique. Les résultats poolés de quatre
d’entre-elles indiquent une augmentation modérée mais significative
de la repousse dans les groupes traités par minoxidil par rapport à
ceux appliquant le placebo. Aucune des deux études ayant comparé
minoxidil à 2 % et à 5 % n’ont montré de différence significative
d’efficacité entre les deux concentrations. En revanche, dans un
essai on notait davantage d’effets secondaires avec la
concentration la plus élevée. Par contre la tolérance était
identique pour le minoxidil à 5 % utilisé une fois par jour et le
minoxidil à 2 % deux fois par jour.
De nombreux autres traitements n’ont été testés que dans une
seule étude à chaque fois et même pour les traitements les plus
couramment proposés comme la spironolactone, le finastéride,
l’acétate de cyprotérone voire le laser, on manque d’essais
randomisés contrôlés de qualité, tous ceux retenus comportant de
nombreuses faiblesses dans la méthodologie adoptée de sorte que le
niveau de preuve de leur efficacité est insuffisant.
En l’état actuel de la littérature, le minoxidil topique reste
donc le seul traitement répondant aux critères de l’ « evidence
based medicine ».
Dr Patrice Plantin
Van Zuuren EJ et coll. : Evidence-based treatments for female pattern hair less : a summary of a Cochrane systematic review. Br J Dermatol 2012; publication avancée en ligne le 5 octobre. doi: 10.1111/j.1365-2133.2012.11166.x
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