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Le vorapaxar améliore le pronostic post-infarctus au prix d’un risque hémorragique accru

Publié le 28/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Malgré le traitement antiagrégant plaquettaire  préventif institué dans les suites d’un infarctus du myocarde (IDM), les patients restent exposés à des accidents thrombotiques itératifs dans la genèse desquels l’activation plaquettaire joue un rôle essentiel.

Ne pourrait-on pas améliorer encore le pronostic en renforçant le traitement antiagrégant plaquettaire conventionnel et ce d’autant que de nouvelles molécules de cette classe thérapeutique sont en cours d’évaluation?

C’est ce que Scirica et coll. ont essayé de déterminer en évaluant les effets de l’ajout au traitement de base d’un nouvel AAP, le vorapaxar, un antagoniste compétitif du PAR-1, actif per os.

Qu’est-ce à dire ?

On sait que la thrombine active les plaquettes par le biais de 2 récepteurs (PAR-1 et PAR-4) qui sont eux-mêmes activés par une protéase (protease-activated receptors). PAR-1, plus sensible,  est activé par de plus faibles concentrations de thrombine  que PAR-4 et entraîne une réponse plaquettaire plus rapide. C’est cette agrégation plaquettaire induite par la thrombine que le vorapaxar  va inhiber.

L’analyse pré-spécifiée a porté sur le sous-groupe de patients de  TRA 2°P (Thrombin Receptor Antagonist in Secondary Prevention of Atherothrombotic Ischemic Events)- TIMI 50,  (essai international [n=26 449 patients], randomisé, contrôlé vs  placebo, avec groupes parallèles) qui avaient  fait un IDM (n=17 779/26 449 patients) dans les 2 semaines à 12 mois précédents.

Prescrit en plus du traitement antiagrégant habituel

Après randomisation, les patients ont reçu en double aveugle,  vorapaxar 2,5 mg/jour (n=8 898) ou un placebo (n=8 881), tous deux prescrits en sus du traitement antiagrégant plaquettaire conventionnel qui comportait de l’aspirine  (98 % des cas) et/ou une thiénopyridine (78 % des cas), à savoir clopidogrel dans la plupart des cas.

Au cours d’un suivi moyen de  2,5 ans, un des événements composant le critère principal d’efficacité de l’étude à savoir, décès d’origine cardiovasculaire, IDM, ou accident vasculaire cérébral est survenu chez 610/ 8 898 patients du groupe vorapaxar  et 750/ 8 881 patients du groupe placebo (8,1 % vs 9,7 % ; hazard ratio [HR] 0,80 ; intervalle de confiance [IC] 95 % [0,72–0,89]; p<0, 0001).

Une hémorragie d’intensité moyenne ou sévère, selon les classifications GUSTO et TIMI  (critère principal de sécurité) est survenue plus fréquemment sous vorapaxar que sous placebo  (241/8 880 [soit une estimation Kaplan-Meier à 3 ans de 3,4 %] vs 151/8 849 [soit une estimation Kaplan-Meier à 3 ans de 2,1 % ; HR 1,61 ; IC 95 % [1,31–1,97]; p< 0,0001).

Quant aux hémorragies intracrâniennes, elles ont eu tendance à être plus fréquentes sous vorapaxar que sous placebo à savoir  43/8 880 patients (soit une estimation Kaplan-Meier à 3 ans de 0,6 %) vs 28/8 849 patients (soit une estimation Kaplan-Meier à 3 ans de 0,4%) sous  placebo (différence non significative ; p=0,076). Les autres effets secondaires notables se sont répartis de façon égale entre les 2 groupes.

En conclusion, chez les patients qui ont un antécédent d’IDM, la puissante inhibition du récepteur PAR-1 par le vorapaxar, administré en sus du traitement antiagrégant plaquettaire conventionnel comprenant notamment de l’aspirine, a réduit significativement le  risque de décès d’origine cardiovasculaire  ou d’événements  ischémiques  mais au prix d’une augmentation du risque de saignement d’intensité moyenne ou sévère.  L’étude TRA 2°P- TIMI 50 laisse ainsi entrevoir qu’on pourrait améliorer le pronostic à moyen terme de l’IDM en renforçant le traitement antiagrégant plaquettaire chez des patients soigneusement sélectionnés. Quant au risque hémorragique, il pourrait être diminué par l’utilisation de doses moindres de vorapaxar ou par son association à la seule aspirine.



Dr Robert Haïat


Scirica BM et coll. : Vorapaxar for secondary prevention of thrombotic events for patients with previous myocardial infarction:a prespecified subgroup analysis of the TRA 2°P-TIMI 50 trial. Lancet. 2012; 380:1317-24.doi.org/10.1016/S0140-6736 (12)61269-0




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