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FA paroxystique : pas d’indication à une ablation par radiofréquence de première intention

Publié le 29/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’ablation par radiofréquence des fibrillations auriculaires (FA) paroxystiques qui récidivent malgré un traitement anti-arythmique s’est imposée comme une alternative thérapeutique efficace.

Nouvelle étape, il a également été suggéré que l’ablation  pouvait représenter le traitement de première intention de ces  FA paroxystiques ; en effet, de nombreux arguments laissent à penser qu’une ablation précoce, effectuée avant que se  développe cette fibrose si fréquente au cours de l’évolution d’une FA, pourrait être plus efficace qu’une ablation réalisée plus tardivement.

Cependant, l’ablation précoce  en tant que traitement de première intention de  la FA paroxystique  n’a été comparée au traitement anti-arythmique que dans un seul essai monocentrique de petite taille dont le suivi était, de plus, assez court.

Nielsen et coll. sont donc revenus sur la question dans l’étude randomisée MANTRA-PAF (Medical Antiarrhythmic Treatment or Radiofrequency Ablation in Paroxysmal Atrial Fibrillation) afin de comparer, chez  294 patients  qui présentaient une FA paroxystique  jamais traitée par  antiarythmiques, l’ablation par radiofréquence et le  traitement anti-arythmique  en traitement de première intention d’une FA paroxystique

Après randomisation, les patients ont été assignés à une ablation de la FA par radiofréquence (n=146) ou à un traitement par des anti-arythmiques de classe IC ou III (n=148).

Sans doute un effet plus pérenne de l’ablation

Avec un suivi de 24 mois essentiellement basé sur un enregistrement Holter ECG de 7 jours réalisé à l’état basal et aux  3e , 6e , 12,e 18e  et  24e  mois pour détecter des accès transitoires de FA, il n’a pas été noté de différence significative entre le groupe ablation et le groupe traitement anti-arythmique quant au pourcentage de temps cumulé passé en FA  qui a été évalué dans sa globalité à partir de tous les enregistrements Holter ECG de l’ensemble de l’étude  (90e percentile de temps en FA, respectivement 13 % et 19 %; p = 0,10) et lors de chaque visite de contrôle (critère principal).

Au 24e mois, le pourcentage de temps passé en FA était significativement moindre dans le groupe ablation que dans le groupe  traitement anti-arythmique (90e  percentile de temps en FA, respectivement  9 % et 18 %; p = 0,007) et à cette date, davantage de patients du groupe ablation étaient indemnes de toute FA  (85 % vs 71 % ; p= 0,004) et de FA  symptomatique  (93 % vs  84 % ; p = 0,01) suggérant que l’effet de l’ablation est plus pérenne que celui du traitement anti-arythmique.

Le nombre total d’effets indésirables graves n’était pas significativement différent dans le groupe ablation (n= 20) et dans le groupe traitement anti-arythmique(n=16) ( p= 0,45).

Au cours de l’étude, respectivement 3 et 4 patients de ces 2 groupes sont décédés. 

Dans le groupe ablation, un des décès compliquait un accident vasculaire cérébral, lui-même lié à la procédure ;  de plus,  3 cas de tamponnade cardiaque sont survenus dans ce groupe.

Où l’on en reste aux recommandations

Dans le groupe  traitement anti-arythmique,   54 patients (36 %) ont dû avoir recours  ultérieurement (le plus souvent lors de la première année) à une ablation de la FA; ainsi, malgré de bons résultats initiaux, un nombre non négligeable de patients traités par les anti-arythmiques doivent secondairement faire appel à une ablation.

En conclusion, dans cette étude randomisée comparant,  dans la FA paroxystique, l’ablation par radiofréquence au traitement anti-arythmique en tant que traitement de première intention,  avec un recul de 2 ans,  il n’a pas été trouvé  de différence entre les 2 stratégies thérapeutiques quant au temps cumulé passé en FA. Compte tenu du risque de complications liées à la procédure d’ablation,  il est actuellement conseillé de s’en tenir aux recommandations européennes (Eur Heart J 2010; 31: 2369-429), américaines (Circulation 2011; 123 :e269-e367) et canadiennes (Can J Cardiol 2011; 27: 47-59) qui préconisent le traitement  anti-arythmique comme  traitement de première intention des patients présentant un FA paroxystique.



Dr Robert Haïat


Nielsen JC et coll. : Radiofrequency Ablation as Initial Therapy in Paroxysmal Atrial Fibrillation. N Engl J Med., 2012; 367: 1587-95.




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