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L’obésité n’augmente pas la mortalité de la polyarthrite rhumatoïde, au contraire

Publié le 29/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’espérance de vie est diminuée au cours de la polyarthrite rhumatoïde (PR) et la première cause de mortalité est cardiovasculaire, faisant même de la PR un facteur de risque cardiovasculaire indépendant.

L’influence de l’obésité sur la mortalité est difficile à préciser et très dépendante de la population étudiée, du sexe, et de l’âge des sujets. Au cours de la PR, de petites séries semblent indiquer une relation inverse entre Indice de Masse Corporelle (IMC) et mortalité.

Les auteurs ont donc cherché à déterminer l’influence de l’IMC sur la morbi-mortalité de la PR au sein d’une large cohorte de 24 535 PR. Les sujets étaient âgés de 58,9 ± 13,2 ans à l’inclusion, et avaient une PR évoluant depuis 12,4 ± 10,9 ans. Cette cohorte était soumise à une surveillance par questionnaire internet tous les 6 mois, permettant de recueillir et évaluer les évènements pathologiques, en particulier cardiovasculaires, les traitements en cours, le poids, la taille, la douleur, la fatigue, la dyspnée, la qualité du sommeil, la qualité de vie.

La cause des décès était précisée grâce à la participation de la famille et du médecin traitant.

Les sujets ont été répartis en trois groupes en fonction de leur âge (<50 ans, 50-70 ans, >70 ans), et suivant leur IMC (<18,5 kg/m² (maigreur), 18,5-25 kg/m² (poids normal), 25-30 kg/m² (surpoids), >30 kg/m² (obésité)) ; 30,2 % étaient obèses, 32,4 % en surpoids, et 2 % étaient maigres.

Au cours du suivi se sont produits 3 829 décès.

Comparativement, aux sujets de poids normal, les auteurs constatent une réduction de la mortalité chez les obèses et les sujets en surpoids (Risque relatif [RR] : 0,8 ; Intervalle de confiance à 95 % [IC 95%] : 0,7-0,9), particulièrement chez les obèses de plus de 70 ans. Par contre, ont note une surmortalité chez les obèses de moins de 50 ans. Parallèlement, les sujets maigres ont une mortalité plus importante (RR 1,9 ; IC 95 % : 1,7-2,3).

Cependant, la morbidité est plus importante en cas d’obésité : augmentation du risque de diabète (RR 4,8 ; IC 95 % : 4,3-5,4), d’HTA (RR 3,4 ; IC 95 % : 3,1-3,6), d’infarctus du myocarde (RR 1,4 ; IC 95 % : 1,3-1,6), de prothèse (RR 1,4), d’invalidité au travail (RR 1,9).

De même, l’obésité et le surpoids entrainent des dépenses de santé plus importantes, une diminution de la qualité de vie, une augmentation des douleurs.

Au total, au cours de la PR, le surpoids et même l’obésité semblent bien exercer un effet protecteur quant au risque de mortalité, cependant, au prix d’une morbidité accrue. Les auteurs suggèrent même de demander à nos PR maigres de prendre du poids, tout au moins pour avoir un poids normal.



Dr Laurent Laloux


Fraderick Wolfe and coll. : Effect of body mass index on mortality and clinical status in rheumatoid arthritis. Arthritis care & research. 2012; 64 : 1471-1479




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