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Epidémie grippale de 2009 en Angleterre : une seconde vague plus meurtrière

Publié le 29/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

En Angleterre, les décès attribuables à la pandémie grippale de 2009 à H1N1 ont pu être étudiés avec précision grâce au système de déclaration obligatoire mis en place. La pandémie s’était déroulée en deux vagues. La mortalité due à la première vague, celle survenue au cours de l’été 2009,  a été décrite dans un article précédemment publié en mettant deux tendances en lumière : une mortalité plus élevée aux âges plus jeunes et chez les patients atteints de comorbidités.

Ce deuxième papier s’est intéressé à la seconde période d’épidémie grippale, de fin août 2009 jusqu’à fin mars 2010, soit 30 semaines. Au total, 361 décès ont été attribués à l’infection grippale soit une mortalité de 5,4 par million contre 1,6 décès par million au cours de la première phase (p<0,001). Les décès ont été particulièrement nombreux chez les patients souffrant d’une maladie neurologique chronique, d’une affection cardiaque ou d’une immunodépression avec des taux de mortalité de 450, 100 et 94 décès par million, respectivement. Ces chiffres sont significativement plus élevés que ceux observés chez les patients atteints de maladie respiratoire chronique (39/million) et que chez les malades ne présentant aucun facteur de risque (2,4/million).

Une analyse des causes possibles du surcroît de mortalité pour cette deuxième vague d’épidémie est faite par les auteurs. Le virus ne s’est pas modifié génétiquement et il n’y a pas eu de modification de l’âge des populations atteintes entre les 2 périodes. On peut évoquer en premier lieu un effet saisonnier, avec l’augmentation du nombre de cas en rapport avec des conditions climatiques et environnementales plus favorables à la transmission virale. Et une raison plus comportementale : le gouvernement et le public, plus anxieux lors de la première phase épidémique auraient appliqué les mesures préventives de façon plus rigoureuse. Pour preuve, on peut noter des prescriptions d’antiviraux 3 fois plus élevées au cours de la première phase épidémique avec une mise en quarantaine au domicile des cas et des fermetures de classes plus fréquentes.

Ce dernier point souligne l’importance de maintenir la sensibilisation du public et des professionnels aux risques liés à la grippe. 



Dr Béatrice Jourdain


Mytton O et coll. : Mortality due to pandemic (H1N1) 2009 influenza in England:
a comparison of the first and second waves. Epidemiol. Infect. 2012 ; 140 :1533–1541.




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