En Angleterre, les décès attribuables à la pandémie grippale de
2009 à H1N1 ont pu être étudiés avec précision grâce au système de
déclaration obligatoire mis en place. La pandémie s’était déroulée
en deux vagues. La mortalité due à la première vague, celle
survenue au cours de l’été 2009, a été décrite dans un
article précédemment publié en mettant deux tendances en lumière :
une mortalité plus élevée aux âges plus jeunes et chez les patients
atteints de comorbidités.
Ce deuxième papier s’est intéressé à la seconde période
d’épidémie grippale, de fin août 2009 jusqu’à fin mars 2010, soit
30 semaines. Au total, 361 décès ont été attribués à l’infection
grippale soit une mortalité de 5,4 par million contre 1,6 décès par
million au cours de la première phase (p<0,001). Les décès ont
été particulièrement nombreux chez les patients souffrant d’une
maladie neurologique chronique, d’une affection cardiaque ou d’une
immunodépression avec des taux de mortalité de 450, 100 et 94 décès
par million, respectivement. Ces chiffres sont significativement
plus élevés que ceux observés chez les patients atteints de maladie
respiratoire chronique (39/million) et que chez les malades ne
présentant aucun facteur de risque (2,4/million).
Une analyse des causes possibles du surcroît de mortalité pour
cette deuxième vague d’épidémie est faite par les auteurs. Le virus
ne s’est pas modifié génétiquement et il n’y a pas eu de
modification de l’âge des populations atteintes entre les 2
périodes. On peut évoquer en premier lieu un effet saisonnier, avec
l’augmentation du nombre de cas en rapport avec des conditions
climatiques et environnementales plus favorables à la transmission
virale. Et une raison plus comportementale : le gouvernement et le
public, plus anxieux lors de la première phase épidémique auraient
appliqué les mesures préventives de façon plus rigoureuse. Pour
preuve, on peut noter des prescriptions d’antiviraux 3 fois plus
élevées au cours de la première phase épidémique avec une mise en
quarantaine au domicile des cas et des fermetures de classes plus
fréquentes.
Ce dernier point souligne l’importance de maintenir la
sensibilisation du public et des professionnels aux risques liés à
la grippe.
Dr Béatrice Jourdain
Mytton O et coll. : Mortality due to pandemic (H1N1) 2009 influenza in England:
a comparison of the first and second waves. Epidemiol. Infect. 2012 ; 140 :1533–1541.
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